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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Les cuisiniers sans papiers de la Grande Armée veulent être régularisés


Plusieurs milliers de personnes manifestent le 2 février 2008i à Paris pour réclamer la régularisation des sans-papiers
François Guillot AFP ¦ Plusieurs milliers de personnes manifestent le 2 février 2008i à Paris pour réclamer la régularisation des sans-papiers

C’est un peu la Bérézina à la Grande Armée. Mercredi, il n’y avait guère que les membres de la CGT-Commerce et les militants de l’association Droits Devant!! pour occuper les fauteuils de velours rouge du prestigieux restaurant parisien. Pas l’ombre d’un client à l’horizon, et pour cause. Depuis le début de la matinée, neuf cuisiniers sans papiers, huit Maliens et un Ivoirien, se sont mis en grève pour exiger leur régularisation.

Installés dans un coin de la salle de restaurant, ils répondent aux questions des journalistes, en attendant un geste de leur direction. Frémissement du côté de la porte, les voyants des caméras clignotent, voilà l’inspecteur de l’Urssaf qui arrive. Le gérant de l’établissement, Bruno Garcia, se fait discret et préfère visiblement le calme de son bureau à l’effervescence qui règne dans la salle.

«On veut être heureux»


M. Tama est malien, il est arrivé en France en 1998. «Ça fait neuf ans que je travaille ici, en cuisine. Dix heures par jour, sans pause. Il m’arrive aussi de travailler pour un autre restaurant à Boulogne, qui appartient aussi à mon patron.» «On veut être heureux, nous, et tous les autres sans-papiers qui sont dans notre situation. On veut aller jusqu’au bout.» Même son de cloche pour Minou Humarau, membre de l’association Droits Devant!!, qui défend les droits des sans-abri : «Ils ne s’attendent pas à ce qu’on reste là jusqu’à deux heures du matin.» Pour elle, le contrôle de l’Urssaf est une vraie avancée. «C’est sûrement la Préfecture qui leur a demandé de venir se renseigner. C’est bon signe.»

De son côté, l’inspecteur missionné par l’Urssaf s’active, vérifie contrats et bulletins de salaires… et tombe des nues, en prenant connaissance d’une lettre que vient de lui soumettre Jean-Claude Amara, porte-parole de l’association Droits Devant!! Il s’agit d’un rejet de demande de carte vitale formulée par l’un des neuf cuisiniers en 2003. Raison invoquée par la caisse primaire d’assurance maladie: le demandeur n’a pas de papiers en règle. «La circulaire du 7 janvier 2008 oblige les employeurs à vérifier la validité des papiers de leurs salariés. Dans le cas contraire, ils doivent les licencier», explique Rémi Picaud, de la CGT- Commerce. Pourtant, le responsable de l’établissement a continué d’employer le cuisinier en cause.

Déclarés sous différents noms


«Tous les salariés en grève semblent être régulièrement déclarés. Tous ont un numéro de sécurité sociale», conclut l’inspecteur de l’Urssaf en montrant un petit tableau. Raymond Chauveau, secrétaire général de la CGT Massy-Palaiseau intervient. «C’est une pratique répandue pour les employeurs de demander à leurs salariés de changer d’identité et donc de numéro de sécurité sociale. Les neuf cuisiniers ont été déclarés sous différents noms. Le responsable le savait et le cautionnait.» Pour démêler l’écheveau, il faudra «des contrôles approfondis qui prendront plusieurs jours», concède l’inspecteur.

Pour les associations, comme pour les syndicats, la grève des cuisiniers fait émerger un débat plus large. «On veut montrer que la loi est absurde et qu’elle sert les patrons voyous, notamment dans le secteur de la restauration où ces pratiques sont monnaie courante», développent les responsables de la CGT. «C’est à l’Etat d’intervenir.»
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