MUNICIPALES – Dominique Perben a réuni cette semaine tous ses colistiers issus de la diversité autour d’un repas symbolique. Histoire de bien souligner l’attention, la petite agape avait lieu… dans un restaurant africain. Le candidat UMP s’est félicité d’avoir recruté «de véritables talents parmi cette diversité», mais surtout de leur avoir offert des places éligibles…
De fait. S’il l’on s’en tient à la définition de la diversité comme un terme désignant les personnes issues de l’immigration, l’UMP a plutôt joué le jeu. «La diversité est quelque chose qui compte beaucoup pour moi», explique Dominique Perben. Le candidat UMP se dit «très à l’aise» sur les questions de diversité. Il salue d’ailleurs l’un de ses candidats du 7è,Michel Minchella, d’un tonitruant «salut le rital». «C’est comme ça, c’est sympa !».
Il présente aussi sa tête de liste dans le 8è arrondissement, Nora Bera. «Qui est, vous pouvez le constater, très très visible». Médecin, la candidate, née à Lyon de parents algériens, explique ne pas vouloir «faire de la figuration en politique sous prétexte qu’elle représente la diversité».
Même langage pour Fouziya Bouzerda, ex-candidate MoDem, aujourd’hui en seconde position sur la liste UMP du 3è arrondissement, juste derrière Perben. Sa position très éligible fait des envieux. «J’ai conscience qu’être femme et issue de la diversité me fait marquer double points sur des listes. (…) Je n’aime pas l’idée de quotas, mais il faut reconnaître qu’il y a un vrai problème de représentation aujourd’hui».
Parmi les candidats présents sur les listes de Dominique Perben, on retrouve aussi queqlues déçus de la gauche. Comme Djida Tazdaït, ex-figure de la marche des Beurs dans les années 80 et ancienne présidente des Jalb (Jeunes arabes de Lyon et de sa banlieue). Après avoir été députée européenne Verte, elle a finit par rejoindre la droite, qu’elle estime «moins paternaliste que la gauche» sur les questions liées à la diversité. «Au PS, on saupoudre en fin de listes des candidats avec des noms à consonances étrangères et, quand il y a des élus, ils doivent s’occuper des questions d’immigration.» Une phrase de Gérard Collomb est citée en boucle. «Il a dit qu’il ne voulait pas de listes Benetton, je trouve cela méprisant», explique Patrice Schoendorff, franco-camerounais qui a quitté le PS «à cause de ces questions». Réponse de Georges Képénékian, co-directeur de la campagne de Gérard Collomb : «c’est une question sensible que tout le monde n’aborde pas de la même façon. Même parmi les personnes issues de l’immigration, on ne se reconnaît pas forcément dans la notion de diversité».
Comme pour les femmes, Gérard Collomb et Dominique Perben disposent chacun de «chiffres» et de pourcentages de candidats éligibles ou pas sur leurs listes. Des chiffres à manier cependant avec précaution, la notion de «diversité» étant effectivement un peu plus compliquée à définir que le sexe.
A.Gd. LibéLyon