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Quatre jeunes, capuche sur la tête, assis sur un chariot, discutent au pied d'un immeuble lorsqu'une patrouille de gendarmes débarque. Très vite, les corps se bousculent, les regards se cherchent. « Guignols », lance un jeune. « Schtroumpf », lui répond l'agent. En fait, cette simulation se passe à l'école de gendarmerie de Fontainebleau. Tous sont des stagiaires membres des unités de terrain qui sillonnent les quartiers sensibles d'Ile-de-France, Mar-seille, Lyon, etc.
Pendant deux jours, le groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) les forme à ses techniques de communication et de négociation pour les aider à faire face à des situations de crise devenues quotidiennes en banlieue. Un suicidaire, une prise d'otages, une bagarre entre jeunes de cité : « Avant, les gendarmes ne pouvaient compter que sur leur expérience, leur feeling. Il y avait un manque à combler. Ils ont désormais des outils pour mieux communiquer », explique Mickaël, négociateur au GIGN et instructeur. Trois autres gendarmes s'approchent de la bande pour un contrôle d'identité. L'instructeur, habitué à calmer des forcenés, rappelle les techniques à utiliser pour éviter que la situation ne dégénère en conflit. « Arrivez décontractés, intéressez-vous à eux, flattez-les. 60 % de la communication dépend du langage corporel. » Ecoute, empathie, confiance : la méthode laisse dubitatif Sébastien, 34 ans, en poste près de Vaulx-en-Velin (Rhône) : « Sur le terrain, je dialogue beaucoup. Mais je joue sur la menace. Ça marche aussi. » Vraiment ?
Un jugement très applaudi. Nuray a été relaxée hier par le tribunal correctionnel de Lyon, « après quatre mois d'angoisse ». Cette jeune française, qui vivait en couple avec Abdullah, un Turc sans titre de séjour, a été interpellée à l'aéroport Saint-Exupéry en novembre 2007, alors qu'elle rentrait d'un voyage en Turquie. « Elle y avait fait ses emplettes de mariage, et son compagnon qui l'attendait à l'aéroport a été placé en centre de rétention », raconte Stéphane, membre de la Cimade, association d'aide aux étrangers.
Pour le procureur, qui a requis la relaxe, le concubinage ne fait aucun doute. « Aussi Nuray a-t-elle bénéficié de l'immunité pénale, les conjoints des personnes en séjour irrégulier ne pouvant être poursuivis pour les avoir aidées », souligne la Cimade. Abdullah a été expulsé le 24 novembre 2007, date à laquelle était prévu le mariage.
Cinq étrangers en voie d'expulsion vers le Maghreb se sont évadés dimanche du centre de rétention administrative du Canet (14e). Agés de 18 à 30 ans, deux Algériens, deux Tunisiens et un Marocain sont parvenus à gagner les toits vers 21 h 30 « en faisant plier un grillage et grâce à des draps », a précisé une source proche du dossier.
Une double enquête judiciaire et administrative a été ouverte. La police aux frontières a largement distribué le signalement des évadés et les bandes des caméras de surveillance du centre sont en cours d'étude.
Peu après son ouverture en mai 2006, le centre du Canet a été le théâtre de plusieurs incidents. Trois ressortissants marocains étaient parvenus à s'évader de la zone d'attente. Quelques mois plus tard, en décembre, Kazim Kastule, un Turc sans papiers de 22 ans, s'était pendu dans sa cellule. Père de deux enfants, il avait été interpellé en octobre lors d'un contrôle sur un chantier. Une semaine après ce suicide, un Egyptien retenu au Canet avait tenté de se donner la mort. Agé de 32 ans, il avait été retrouvé par son codétenu pendu à la fenêtre de sa cellule.