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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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L'éternel retour de Berlusconi et remontée de la Ligue du Nord

Silvio Berlusconi vote, le 13 avril 2008 à Milan
Giuseppe Cacace AFP ¦ Silvio Berlusconi vote, le 13 avril 2008 à Milan


Au-delà de ses espérances. Silvio Berlusconi, leader de la droite et chef du parti Peuple de la liberté (PDL), a remporté ce lundi haut la main les élections législatives italiennes. Il a battu l'ancien maire de Rome Walter Veltroni, 53 ans, chef du Parti démocrate (PD) de centre-gauche.

Il a déjà annoncé en direct sur l'une de ses chaînes de télé «des mois difficiles» qui «demanderaient un grand courage» de la part des Italiens. Ses dossiers prioritaires: Alitalia, et la crise des déchets de Naples.

Il peut maintenant penser à la formation de son gouvernement, qui comprendra des membres de sa coalition: la Ligue du Nord (régionaliste et populiste) et l'Alliance nationale (conservateur). Au sein d'un système bicaméral parfait, Berlusconi a pu s’assurer une large majorité dans les deux chambres, la Chambre des députés et le Sénat.

Sa victoire au Sénat, qui passe par les régions, il la doit surtout à la Ligue du Nord, le parti d’Umberto Bossi profondément ancré dans le Nord-Est de l’Italie. En Vénétie et en Lombardie, la Ligue du Nord a profité du vent anti-politique qui souffle sur le pays. Selon Fabio Liberti, chercheur à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (Iris), «c’est la Ligue du Nord qui a permis la victoire au Peuple de la Liberté ». Berlusconi devrait donc offrir à Umberto Bossi un poste de ministre important, comme celui de la Réforme.

Mais, selon le chercheur, le chef du PDL «risque d'être dépendant de ce parti. Il pourrait aussi être obligé de jouer l’arbitre entre la Ligue du Nord et l'Alliance nationale de Gianfranco Fini ». Une difficulté à laquelle il a déjà été confronté entre 2001 et 2006.

Reste qu'à 71 ans, Berlusconi, en remportant une troisième victoire, témoigne de sa capacité à rebondir. D'après Robert D'Alimonte, professeur de Sciences politiques à l'Université de Florence, il incarne «un phénomène sans précédent en Europe (...) et a su se rendre indispensable car il est le seul à pouvoir unifier la droite. Son électorat est prêt à tout accepter de lui». Chez les commerçants, les artisans et les professions libérales, le «Cavaliere» rassure grâce à une discours prônant la réduction des taxes et la liberté d'entreprendre. Mieux, Berlusconi fait rêver les Italiens qui s'identifient à sa réussite: «Je suis puissant, je suis riche, je suis entouré de femmes, vous pouvez devenir comme moi».




Le succès de la Ligue du nord va contraindre Berlusconi à une radicalisation

Le leader de la Ligue du nord Umberto Bossi, le 14 avril 2008 à Milan
Giuseppe Cacace AFP ¦ Le leader de la Ligue du nord Umberto Bossi, le 14 avril 2008 à Milan

Le succès du parti populiste de la Ligue du nord, l'encombrant allié de Silvio Berlusconi qui a doublé son score aux législatives italiennes, va contraindre le nouveau chef du gouvernement à prendre un virage à droite notamment sur le thème de l'immigration et du fédéralisme fiscal.

"Tout peut changer maintenant. Nous avons à présent la force nécessaire pour faire passer les idées du nord, nous sommes plus forts que jamais", a déclaré mardi dans la Stampa Umberto Bossi, 66 ans, leader de la Ligue du nord.

S'il plafonnait à 4,5% dans le Parlement sortant, le parti xénophobe, autonomiste et anti-européen a doublé son score lundi en recueillant 8,3% des voix au Sénat et 8,1% à la Chambre des députés.

Dans ses bastions de la Vénétie et de la Lombardie (nord), la Ligue a enregistré des pointes dépassant les 25% qui lui permettent de renouer avec un succès qu'elle n'avait plus connu depuis 1996 (10,1%), avant une traversée du désert qui la fit ensuite plonger à 3,9% en 2001.

Se félicitant de son score, Umberto Bossi a cependant promis dès lundi soir que Silvio Berlusconi ne serait "jamais otage" de son parti et qu'il s'en tiendrait "au programme commun" négocié au sein de la coalition qui regroupe aussi le parti Alliance nationale (droite conservatrice) de Gianfranco Fini.

"C'est un retour en force de la Ligue du nord qui avait été cannibalisée par Forza Italia (l'ancien parti de Silvio Berlusconi), elle va certainement exiger des responsabilités et des ministères importants, et insister sur trois thèmes, le fédéralisme, l'immigration et les questions européennes", a résumé Marc Lazar, politologue français basé en Italie.

Sans oublier Alitalia, dont le plan de sauvetage a débouché sur le sacrifice d'une grande partie de l'activité de l'aéroport de Milan-Malpensa, décrié par la Ligue du nord et dont les conséquences économiques au niveau local expliquent sans doute le succès du parti.

"Après le vote, Malpensa revient dans le jeu. Le nord a investi beaucoup d'argent et cet aéroport ne peut pas être fermé", a affirmé Umberto Bossi.

L'entrée de la Ligue du nord dans le gouvernement risque ainsi de compliquer les négociations déjà délicates sur le rachat de la compagnie aérienne par le groupe franco-néerlandais Air France-KLM, sans compter que Silvio Berlusconi a fait souffler le chaud et le froid sur l'issue du dossier s'il remportait les élections.

Le fédéralisme fiscal sera "la première initiative" de la Ligue du nord une fois au gouvernement, a également promis Umberto Bossi: "il est impensable que tout l'argent (issu des impôts payés par le nord) atterrisse toujours à Rome", a-t-il estimé.

La Ligue devrait aussi tenté d'imposer au sein du gouvernement Berlusconi ses positions clairement anti-immigration, à l'image de ses élus qui défraient régulièrement la chronique avec des paroles ou des actes à caractère raciste.

Une ancienne vice-ministre italienne de l'Education, responsable locale de la Ligue du nord, avait suscité la polémique en novembre dernier en promenant un porc, animal impur pour les musulmans, sur le terrain d'une future mosquée à Padoue (nord).

Roberto Calderoli, ministre des Réformes dans le précédent gouvernement Berlusconi, s'était quand à lui illustré en arborant un T-shirt imprimé d'une caricature du prophète Mahomet, une démarche qui avait provoqué de violentes manifestations devant le consulat d'Italie à Bengazi, en Libye, au cours desquelles dix personnes avaient trouvé la mort.


© 2008 AFP

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