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Jean-Marie Le Pen a fustigé jeudi un an de sarkozisme et tenté de galvaniser ses partisans venus en rangs clairsemés au traditionnel défilé annuel du Front national, au moment où le parti est dans la tourmente, miné par ses échecs électoraux de 2007.
"Nous sommes toujours là, toujours présents", a lancé sous les vivats M. Le Pen, depuis un podium dressé devant la statue de Jeanne d'Arc place des Pyramides à Paris, lieu "plus intime" que l'habituel et "prestigieux décor de la place de l'Opéra", selon le chef frontiste.
Mais de fait, ses militants remplissaient tout juste les lieux, même si M. Le Pen s'est félicité d'un "succès" en plein congés scolaires et "au début d'un long week-end". Ils étaient 1.250 selon la police, de 5.000 à 6.000 selon les organisateurs.
Après une année qui a vu le patron du FN chuter à 10,44% à la présidentielle et le parti sombrer aux législatives (4,29%), au point de devoir vendre "le Paquebot", son siège historique, licencier des permanents et mettre aux enchères sur internet son ancienne voiture blindée, M. Le Pen s'en est pris au président Nicolas Sarkozy, dont "aucune des promesses (...) n'a été tenue".
"Au bout d'un an de sarkozisme, la France est au bord de la faillite économique, sociale politique et morale," a-t-il fustigé. "Aujourd'hui, les lampions sont éteints, le bling-bling et les flonflons ont fait long feu et les Français se rendent compte que le roi est nu".
Il a une fois de plus qualifié de "prestidigitateur talentueux" le président de la République, qui revendique un rôle majeur dans le recul du FN, dénonçant "l'escroquerie qui consistait à emprunter (le) programme (du Front national) pour pouvoir faire l'inverse".
Mais le vieux chef, qui aura 80 ans en juin, veut croire que si "l'épreuve a été rude", il s'agit d'une "faiblesse passagère". Et de citer en exemple les cantonales, où le parti estime à 8,1% en moyenne le résultat de ses candidats dans les 1.020 cantons où ils étaient présents (sur 2.020).
Alors que ses récentes déclarations confirmant qu'il considérait les chambres à gaz comme un "détail" de l'Histoire ont secoué jusqu'au sein du parti, M. Le Pen n'a pas fait de commentaire direct dans son discours.
Mais dans la soirée, interrogé sur TF1, il a estimé que "nous sommes dans un pays ou la liberté d'opinion et la liberté d'expression n'existent pas", tout en soulignant avoir cherché à faire interdire la publication de ses propos.
"Il semble que dans ce pays on veuille aller dans l'esprit même des gens pour faire croire à un certain nombre de dogmes qui seraient en quelque sorte obligatoires", a-t-il dit.
Sa fille Marine, vice-présidente du FN et artisan de la politique de "dédiabolisation" du parti, a pour sa part réitéré en marge de la manifestation "ne pas avoir la même vision sur les évènement de la Deuxième guerre mondiale" que son père.
Mais elle a nié toute tension interne. "On est un parti, il y a des discussions, on règle nos difficultés quand il y en a, aujourd'hui tout le monde est là", a-t-elle dit.
Pour tenter de remobiliser ses troupes, Jean-Marie Le Pen a accordé une large place dans son discours à ses thèmes fétiches de l'immigration, du "racisme anti-français", comme du déclin de la France. "La crise s'approche. Patriotes, aux créneaux! C'est de la France qu'il s'agit", a-t-il conclu.
© 2008 AFP