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Les contrôles étant source de conflits, des chauffeurs de bus de Corbeil réclament que les pouvoirs publics paient à la place des voyageurs, comme à Etampes.
LA SCÈNE se reproduit chaque mois en Essonne. Un passager monte dans un bus. Le chauffeur l'invite à valider son titre de transport.
L'usager refuse. Le ton monte, les insultes fusent et, dans le pire des cas, le conducteur est agressé. « Cette situation représente les trois quarts des motifs de violence à notre encontre », constate Daniel Bastos, délégué intersyndical de la compagnie de transport STA.
Vendredi dernier, l'un de ses collègues s'est fait frapper à Corbeil pour ce motif. Une agression faisant suite à deux autres enregistrées dans la même semaine en Essonne. D'où la nouvelle revendication : « Nous demandons à la mairie de mettre en place un système de gratuité à Corbeil. Cela diminuerait considérablement les risques de violence. »
La municipalité de Corbeil n'a pas donné suite à cette demande. « C'est totalement utopique ! s'exclame Jean-François Bayle, adjoint chargé des Transports. Et ce ne serait pas républicain. Pourquoi les habitants de Corbeil seraient exemptés de payer et pas ceux des communes voisines ? D'autant que la compétence des transports dépend de l'agglomération et pas uniquement de la municipalité. » Pourtant, ce système est déjà en oeuvre à Etampes (voir encadré) .
« Il est excessif de penser que la demande de validation du titre de transport serait le seul motif de violence », insiste Frédéric Rousselle, directeur d'exploitation à la Strav, une autre compagnie assurant les transports dans le département. Il énumère une triste liste, allant d'un regard mal interprété à l'absence de réponse rapide d'un conducteur à la question d'un voyageur : « Tout ce qui est en lien avec un dialogue peut dégénérer. Il existe même des cas où le passager est en règle et refuse de montrer son titre ! » Il concède toutefois que la gratuité pourrait être « un élément de solution ».
Comme plusieurs entreprises de transport, il a institué des règles à respecter pour ces chauffeurs lors de la montée des usagers. Il faut l'accueillir, le regarder, saluer à la cantonade, et demander, sans exiger, le titre de transport. Les compagnie touchent en effet des subventions calculées au prorata du nombre de passagers transportés.
« Je m'en fiche maintenant, s'emportait vendredi un conducteur de la STA. A Corbeil, je ne demanderai plus de ticket aux passagers. C'est devenu trop dangereux. » Une façon désespérée d'éviter les conflits dans « dans un département où les agressions de chauffeurs sont devenues classiques alors qu'ils ne font que leur travail », comme le lançait la procureur du tribunal d'Evry jeudi dernier, lors du procès d'une passagère violente.