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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Les fourgons du malheur


 

Le cinéaste Claude Autant-Lara nous livre une vraie pépite sur le monde du cinéma. Il nous raconte l'histoire de sa formation aux Etats-Unis puis, de retour en France, de son premier film français en 1933. Même si parfois l'auteur fait des répétitions, on trouve de nombreux passages vraiments truculents. Notamment sur les cosmopolites qui veulent détruire le cinéma français. On ne peut pas dire qu'il pratique la langue de bois ! Bien au contraire. Vous serez plongez dans les moindres détails d'un milieu peu connu : les magouilles, les trahisons, les moments de doute, les intimidations et menaces, l'amitié et même l'amour. Vous voyagerez en compagnie de Jacques Prévert, de René Clair, de Jean Renoir et de bien d'autres. Quelques révélations intéressantes sur Gabin et Fernandel.

 

Le livre parut tout d'abord chez l'éditeur Carrère (celui-là même qui publia des livres de Jean-Marie Le Pen) mais, sous la menace d'un procès, Les fourgons du malheur fut retiré de la vente et pillonné. Les éditions du Flambeau le rééditèrent en 1992 mais avec des textes manquants.

 

Claude Autant-Lara ne ménage pas le pays qui l'a accueuillit, les USA :

« Que si l'Occident devait se transformer en « paradis américain », il n'est pas sur – du tout – que nous soyons heureux, dans ce paradis-là. Mais pas du tout. Que ce ne serait pas un paradis pour Occidentaux. Et encore moins un paradis pour Africains. Le « paradis américain » c'est un paradis « pour américains » ! Un point c 'est tout. Pour être hybrides comme des mulets. Arrachés à un terreau et replantés dans un autre monde. Un paradis pour Martiens, pour extra-terrestres. On se croit terrorisé par l'arrivée d'extra-terrestres. Et ces extra-terrestres, on les cherche dans les soucoupes ? Mais ils sont là – les extra-terrestres. Aux USA. Et pour bien te baiser dans les immenses largeurs – et profondeurs – ils sont américains. »

 

Il se considérait même comme étant « le bicot de L.B. Mayer, le raton de Thalberg, le petit cireur de chaussures de Khan ».

 

Autre passage très politiquement incorrect !! :

 

« [...] A part ça, on égorge quelques millions d'Indiens – exterminés, tous ? Massacrés – jusqu'au dernier - , génocide parfait, total. [...] Et, là, on ne dit rien. On fume sa pipe, on regarde ailleurs, Kekcekça, les Indiens ? Bof, ça compte pas des Indiens ! Par contre, on ameute, on hurle, on part en guerre, on fulmine contre un Hitler qui a trucidé quelques juifs. Expliquez donc ça ? Si vous pouvez. »

 

Sur la religion, Claude Autant-Lara ne mâche pas ses mots. Il y a quelques perles pages 42 et 43 dont ce passage :

 

« Moi, je suis athée. Je pense que si les Arabes sont bien abrutis par leur Coran, ils ne le sont pas plus que nous, avec notre mélasse judéo-chrétienne – et notre Bible. Mais ces deux abrutissements ne sympathisent pas, ni ne sympathisent jamais [...] »

Il est très désabusé sur le genre humain. A part quelques amis vraiment fidèles jusqu'au bout, la plupart des gens le déçoient. « On ne donne pas une définition de la bêtise. Elle évolue sans cesse, et ses bornes ne sont pas inventées – ni près de l'être. »

Il cite également Marcel Aymé : « On est sur que des gens que l'on peut compromettre »

 

La démocratie n'est pas épargnée non plus : « Mais pourquoi faut-il qu'en la démocratie le pouvoir soit entre les élytres d'une nuée d'insectes dont chacun peut, s'il le veut, faire capoter les plus grandes entreprises ? Et pour quelles raisons ? Pour aucune raison – aucune autre raison que leurs humeurs, leur esprit de contradiction, l'impression qu'il faut toujours dire non, ou contester, même aveuglément, pour prouver qu'on est quelqu'un. [...] » Et la suite est dans la même veine.

 

« Curieux comme les salauds qui nous gouvernent – que ce soit ceux de Wall Street ou du Vatican – sont parvenus à ériger la résignation en vertu ! »

Sur l'alcool :

 

« Mon opinion est que l'alcool démultiplie, peut-être, la sensibilité, mais, je le crois, au détriment de l'intelligence [...] »

On le voit, Claude Autant-Lara n'a pas la langue dans sa poche. Ce qui lui vaudra les foudres des mafieux qui prostituent le cinéma, et plus tard des lobbyes anti-racistes. Si vous aimez un tant soit peu le cinéma, si vous êtes friands d'anecdotes croustillantes et si vous adorez le franc-parler, assurément que ce livre vous plaira.

 

Yanndarc

Le 27/02/2006

 

Les fourgons du malheur de Claude Autant-Lara

Ed du Flambeau 1992. 420 pages.

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