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« Ces réquisitions me semblent hors de proportion pour une importation de 278 kg ». Avocat d’un chauffeur, Me David Metaxas a commencé hier son audacieuse plaidoirie en invitant le procureur à prendre la parole après lui, si ces propos n’étaient pas justes. « Il est ici pour un seul jour : le 9 novembre 2006. Il a dit qu’il devait toucher 5 000 euros de commission pour avoir organisé le transport auquel il va finalement participer comme manutentionnaire. Mais 9 ans d’emprisonnement c’est une vie !» Mohamed M., sous contrôle judiciaire depuis un an, « s’est réinséré ». Rappelant des affaires de stupéfiant bien plus importantes mais moins lourdement sanctionnées, Me Metaxas assure : «Il faut de la lisibilité dans les décisions ». Il demande 3 ou 4 ans.
Me Scrève, avocat de « l’agent », de « Rachid » et de Yacine D. insiste : «Ce dossier n’a rien d’exceptionnel. Ce sont les peines demandées qui le sont ». Il note « que depuis quelque temps, on voit fleurir systématiquement le recours à l’association de malfaiteurs ». Mais ces malfaiteurs-là, il les qualifie de « piètres trafiquants ». «Tous ces mois, les policiers relèvent leur incapacité à mettre en place cette importation ». Me Scrève demande « d’apprécier de manière adaptée les responsabilités des uns et des autres ».Pour Yacine, « un forcené du travail qui, à cette époque, tire le diable par la queue », il plaide la relaxe. « Sa participation a été ponctuelle, il a conduit le camion ». A propos de Rachid, « son absence est conditionnée par son état de santé », dit Me Scrève. Quant aux peines requises, 9 ans pour Rachid et 7 pour l’agent, avec confiscation des avoirs et une amende de 200 000 euros, il met en avant un « caractère démesuré ». Pour la famille de Rachid, qui risque aussi la confiscation des biens, l’avocat demande : «Allez-vous ruiner sa famille ? On vous demande de l’assassiner civilement, ne lui confisquez pas tous ces avoirs. La prison est déjà une punition en elle-même ». «Si vous lui collez 12 ans en état de récidive légale, il n’y aura pas de libération possible avant 2015. Avenir sombre avec ses enfants en bas âge !» Me Abad assure la défense de celui que l’on surnomme « le gros », auquel on prête aussi le surnom de Dadi. « A part une déclaration de Rachid, rien ne permet d’assurer qu’il s’agit du gros quand on parle de Dadi. Tous les autres éléments du dossier viennent confirmer que son surnom est Didine ». L’avocat ne veut pas qu’on lui impute des faits qu’il n’a pas commis. Pour les 10 à 12 ans requis, Me Abad lance au procureur : «Vous m’avez scotché, je ne m’attendais pas à ça. Il n’y a pas d’élément pour le rattacher à un trafic qui dure depuis plusieurs mois.Ni argent, ni train de vie. Et je n’ai jamais vu un organisateur aller au contact de la marchandise, comme il l’a fait. L’art primitif est de mettre de la distance pour avoir un moyen de dénégation. Ce garçon ne mérite pas plus qu’une peine à un chiffre ».
L’affaire a été mise en délibéré au 4 juillet prochain.