Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag
| «Je me bats contre l'impunité de Blackwater» |
| Victime de la société militaire privée, Hassan Jabir Salman témoigne. |
| Hassan Jabir Salman a 46 ans. Avocat de droit pénal à Bagdad, il a cinq fils et trois filles. Le 16 septembre 2007, il a été la cible de Blackwater, la société militaire privée. Il était de passage à Genève en marge du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Le Temps: Que vous est-il arrivé ce fameux 16 septembre 2007? Hassan Jabir Salman: Je me rendais au Ministère de la justice. Quand je suis arrivé à la place Nisoor à Bagdad, les membres de Blackwater bloquaient la route avec leurs véhicules. J'étais à 8 mètres de la scène. Ils ont commencé à tirer sans discernement, une voiture a brûlé avec une femme et un homme à l'intérieur ainsi que leur fils. Quand j'ai vu ça, j'ai fait demi-tour. Là on m'a tiré dessus. J'ai été blessé au dos, à la nuque et au bras. Puis deux hélicoptères de Blackwater me poursuivaient. Ils avaient un bazooka. Ils ont tiré et ma voiture s'est renversée. J'ai perdu conscience. J'ai été transporté à l'hôpital où j'ai subi une intervention chirurgicale. - Dans quel but avez-vous déposé plainte aux Etats-Unis? - En Irak, il n'est pas possible de déposer plainte. Les autorités irakiennes ne poursuivent pas les miliciens privés depuis la décision de juin 2004 prise par l'Autorité provisoire de la coalition. C'est pourquoi je porte mon cas devant la justice américaine avec l'aide de cinq avocats et du Center for Constitutional Rights. Je fais confiance à la justice américaine, qui est indépendante et équitable. - Qu'espérez-vous concrètement? - Je me bats contre l'impunité des sociétés comme Blackwater. Elles doivent être rendues responsables de leurs actes. Je veux aussi obtenir une compensation pour les dommages physiques et psychologiques. J'ai du diabète à cause du choc que j'ai subi. Je sens toujours des débris de balles dans mon corps. Je ne peux plus conduire. Ma vie sexuelle s'en ressent. Je n'arrête pas de faire des cauchemars. |