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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Wall Street entre dans sa onzième baisse prolongée depuis 1945

2008 restera marquée pour les employés des banques de Manhattan. C'est l'année de la onzième période de baisse prolongée de la bourse depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. (photo: Keystone)



TENDANCE. Le marché boursier américain perd 20% depuis le début de son déclin, en octobre, le signal d'un nouveau «bear market». La dernière phase de baisse avait duré plus de 30 mois.


2008 restera marquée dans les almanachs par l'élection du 44e président des Etats-Unis. Pour les employés des banques de Manhattan c'est d'ores et déjà celle de la onzième période de baisse prolongée de la bourse depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Mercredi soir, Wall Street est entrée en phase de «bear market». Censés faire référence à un ours jetant ses pattes vers le bas quand il attaque - et opposés à ceux du «bull market», haussiers... et à l'analogie plus compréhensible - ces temps sombres débutent lorsque les indices boursiers perdent plus de 20% depuis leur dernier point haut. Ce qui est maintenant le cas. Représentant les actions des cinq cents entreprises qui «comptent», l'indice S & P 500 affichait hier un recul de 20,4% depuis son dernier sommet du 9 octobre. De Paris à Francfort en passant par Londres, les marchés européens sont entrés en mode «bear» au début du mois. La bourse suisse a franchi le cap dès janvier.

Fannie Mae en ligne de mire

Les investisseurs n'ont certes pas besoin d'attendre qu'un tel palier - symbolique - se matérialise pour savoir que rien ne va plus. L'actualité le leur rappelle chaque jour. Depuis quarante-huit heures, la santé des deux organismes de refinancement immobilier parapublic Freddie Mac et Fannie Mae est ainsi de nouveau au centre de toutes les attentions. Le fait que le second ait dû accepter de payer des intérêts record afin de convaincre le marché de lui prêter 3 milliards de dollars montre que la communauté financière s'inquiète de plus en plus de la situation de cette pièce maîtresse du marché immobilier. Alors qu'officiellement elle bénéficie du label AAA, censé refléter sa parfaite capacité à rembourser ses dettes.

Le gouvernement compte toujours sur «Freddie et Fannie» - qui détiennent ou garantissent la moitié des 12000 milliards de dollars de créances hypothécaires du pays - pour éviter que la crise immobilière ne vire au krach. Le secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson, s'est évertué à rappeler jeudi que les deux géants «disposent de fonds propres adéquats» pour remplir leur mission. Ce qui n'a pas empêché les investisseurs de faire plonger les actions de Freddie Mac de 36% entre lundi soir et hier après-midi, celles de Fanny Mae perdant 18%.

Comme si cela ne suffisait pas, le marché, qui attend avec inquiétude l'annonce des résultats trimestriels des grandes banques dans dix jours, a reçu la nouvelle hier de Wachovia de pertes de 2,6 à 2,8 milliards de dollars, dépassant les scénarios les plus pessimistes. Le quatrième établissement du pays a vu ses actions plonger de 14% en trente-six heures.

2900 milliards envolés

Après sa forte baisse de mercredi soir, l'indice S & P 500 restait étal hier en milieu de journée. Depuis le début de la période baissière en octobre, les entreprises qui le composent ont vu leur capitalisation fondre de 2900 milliards de dollars. A titre de comparaison, l'éclatement de la bulle Internet - la baisse avait alors duré 31 mois - avait fait partir en fumée 5800 milliards. Combien de temps durera cette nouvelle phase baissière durant laquelle, selon le dicton, «ce qui compte n'est pas l'argent que vous faites, mais celui que vous gardez»? Si l'histoire devait se répéter, il faudrait que Wall Street perde encore 13% pour que son déclin corresponde à celui de la moyenne des «bear markets» observés depuis un demi-siècle.
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