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Un nouveau record du nombre des détenus a été établi en juillet, dans un contexte de surpopulation et d'absence de grâces, plaçant le gouvernement au pied du mur avant la présentation en Conseil des ministres du projet de loi pénitentiaire.
Photo Florian Launette
Le chiffre est celui de l'Administration pénitentiaire (AP). Il signe un record peu enviable, celui du nombre de personnes détenues dans les 200 prisons françaises.
Pour le deuxième mois consécutif, il dépasse le pic historique de juillet 2004. On dénombre 64 250 détenus actuellement, contre 63 652 il y a 4 ans.
Selon l'administration pénitentiaire, 63% des établissements sont en surpopulation. Le nombre de places en prison était de 50807 en juin, bien en deçà du nombre réel de détenus. Du coup, le taux de densité carcéral, plus de 126%, fait de la France un très mauvais élève par rapport aux autres États membres de l'Europe, dont les résultats ne sont déjà pas brillants. Ces derniers affichent un taux moyen d'occupation de 102%.
En France, 7% des établissements se distinguent avec une densité de 200%. Ce sont dans les maisons d'arrêt, où sont incarcérés les prévenus en attente de jugement ainsi que les condamnés à de courtes peines, que la situation est le plus souvent critique. Et pourtant, toujours selon l'administration pénitentiaire, un certain nombre d'indicateurs sont à la baisse.
Ainsi, le nombre de personnes en détention provisoire a baissé de 4% en un an, passant de 18223 en juillet 2007 à 17495 en juillet 2008. De même, le nombre de mineurs emprisonnés a diminué, passant en un an de 825 à 793.
Pour Rachida Dati, ministre de la Justice, "lutter contre la surpopulation carcérale est une réalité". Cela passe par l'accroissement des capacités d'accueil "sans réduction de peines et sans grâce collective". La ministre a rappelé qu'il y aurait "3000 places de plus d'ici fin 2008 et 13 200 places supplémentaires d'ici à 2012", insistant également sur l'augmentation significative, depuis un an, du nombre de détenus qui bénéficient de peines aménagées, grâce notamment au bracelet électronique.
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Le commentaire : Dr Daniel Glezer, psychiatre
"Lorsque l'on confine, on pourrait même dire entasse dans 9m², 3 ou 4 détenus, il est évident que les tensions s'exacerbent", explique le Dr Daniel Glezer, qui exerce au service de psychiatrie des Baumettes.
"Lorsque l'on est anxieux, que l'on a des difficultés de sommeil, a fortiori si l'on est perturbé mentalement, la proximité, la chaleur, contribuent à rendre la situation encore plus tendue alors que l'on est déjà dans un état de morbidité psychiatrique". Tous les problèmes du quotidien peuvent alors être source d'affrontement.
"Prenons l'exemple de la télévision. Dans une même cellule, il va y avoir celui qui veut dormir, un autre qui veut telle chaîne et ainsi de suite. Dans un tel contexte, les réactions vont être démesurées. On surréagit et la télévision n'est qu'un exemple parmi tant d'autres", souligne le Dr Glezer. Si l'on ajoute le fait que les prisons accueillent de plus en plus de malades mentaux, "la situation devient extrêmement délicate".
Ce médecin ne cache d'ailleurs pas son "inquiétude"et celle de ses confrères vis-à-vis du phénomène qui consiste à "responsabiliser et à incarcérer" des personnes souffrant de troubles graves. "Dans les années 1980, quand j'ai ouvert ce service, il n'y avait que quelques schizophrènes, aujourd'hui les 32 lits sont occupés par des malades lourds."
La Provence