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Les autorités françaises assurent que les immigrés placés dans les centres de rétentions sont correctement traités, mieux en tout cas que dans la plupart des autres pays européens. Nous avons voulu vérifier. Voici les témoignages de personnes qui sont passées par ce type de centre.
En France, les centres de rétention administrative (C.R.A.) accueillent les étrangers en situation irrégulière le temps qu'ils soient raccompagnés dans leur pays d'origine, ainsi que les étrangers qui se sont vus refuser l'accès au territoire français ou qui ont formulé une demande d'asile. L'Union européenne a décidé de porter la durée de rétention à 18 mois, mais la France a indiqué qu'elle s'en tenait toujours à une durée maximale de 32 jours. Le centre de rétention (CRA) de Vincennes, le plus grand de France, a été détruit par un incendie - « volontaire » d'après les autorités - le 22 juin dernier. 18 personnes ont été hospitalisées pour de légères intoxications et une personne est portée disparue Mekbel Ait-Mebarek (nom d'emprunt) est un journaliste algérien, qui vit en France depuis 2003. Entré sur le territoire français avec un visa, il n'est pas retourné dans son pays à l'expiration de celui-ci. Après un séjour d'une semaine au centre de rétention du Mesnil Amelot, il a déposé une demande d'asile politique.
Les policiers qui nous ont arrêtés et transférés au centre n'ont fait que leur travail, sans fioriture. Je me suis soumis à leur autorité et leur ai tout de suite confié que j'étais un journaliste, pas un criminel.
Arrivé au centre de rétention, nous avons été fouillés, mais on nous a laissé nos téléphones portables, à condition qu'ils ne fassent pas aussi appareil photo. De toute façon, il y a des cabines téléphoniques dans le centre. Chaque jour, un homme du CRA fait sa tournée et propose de nous apporter ce dont nous avons besoin, comme des recharges téléphonique ou des cigarettes.
J'ai été très surpris par l'accueil qui nous a été réservé, c'était très différent de ce que j'en avais entendu dans les médias. Je peux même dire que nous avons bénéficié d'un accueil chaleureux, avec le sourire. Mon fils et moi avons somme arrivés à minuit, nous avons été placés dans deux chambres différentes. Mais dès le lendemain, suite à notre demande, nous étions réunis dans une chambre de deux places. Le matin, le petit déjeuner est tout à fait acceptable et on avait du café tant qu'on en voulait. Je peux dire que nous avons bien mangé.
A vue d'œil, je dirais que nous étions entre 100 et 150 dans le centre. Les employés de la Cimade sont d'un précieux secours, notamment pour ceux qui ne savent pas écrire en français.
C'est plus stressant après 20 heures, quand ils ferment les portes, j'avais peur des règlements de compte de nuit. Car si les gendarmes sont polis et à l'écoute, quelques personnes retenues dans le centre sont très nerveuses et prêtes à tout. J'ai entendu plusieurs fois des gens dire : "Plutôt mourir que de rentrer dans mon pays ".
Au bout d'une semaine, le juge d'application des peines nous a relâchés moi et mon fils, j'attends désormais le réexamen de mon cas. Heureusement qu'il y a la justice française ! Quand j'entends à la radio les gens comparer le centre de Vincennes à Guantanamo, je ne connais pas le centre de Vincennes, mais j'ai beaucoup de mal à y croire."