Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

Publicité

Karadzic implique Washington devant les juges du TPIY


Jeudi au TPI (Reuters)


Ses proches assuraient qu’il préférerait se suicider plutôt que de comparaître devant la justice internationale, celle des «vainqueurs». Mais, hier, Radovan Karadzic, cheveux courts et rasé de près, le visage amaigri, était bien dans le box des accusés à La Haye. Dix jours après son arrestation à Belgrade, et au lendemain de son transfèrement aux Pays-Bas, il a comparu pour la première fois devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).

Pugnace. Calme et concentré, l’ancien homme fort des Serbes de Bosnie a écouté le juge lui résumer les onze chefs d’inculpation pour lesquels il risque la prison à vie : le siège de Sarajevo, le massacre de Srebrenica, les campagnes de «nettoyage ethnique» en Bosnie. Karadzic, 63 ans, a confirmé qu’il se défendrait seul des accusations de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide. Il a obtenu un délai de trente jours pour étudier l’acte d’accusation, avant de décider s’il plaiderait coupable ou non coupable. Son procès reprendra le 29 août.

C’est à la toute fin de cette première audience que cet homme paisible, aux allures de grand-père, s’est soudain montré plus pugnace. Comme le président du tribunal lui demandait s’il souhaitait s’exprimer, Radovan Karadzic a chaussé ses lunettes pour lire un texte de quatre pages. L’ex-chef politique des Serbes de Bosnie souhaitait dénoncer de «nombreuses irrégularités» qui, selon lui, entacheraient déjà son procès. Mais la cour ne lui en a pas laissé le loisir, arguant que cette audience préliminaire n’était pas «le moment idoine» pour une telle diatribe.

Karadzic, l’homme qui durant trois ans et demi (de 1992 à 1995) défia la communauté internationale, l’Otan et les Nations unies, a tout de même réussi à dénoncer les conditions dans lesquelles son arrestation a été effectuée. A rebours de la version officielle, il affirme avoir été «kidnappé» par des inconnus et détenu durant trois jours, sans pouvoir communiquer avec l’extérieur, avant que la nouvelle de son arrestation ne soit rendue publique par les autorités de Belgrade, le 21 juillet.

Il a aussi mis en cause nommément l’ancien négociateur américain et architecte des accords de paix de Dayton (décembre 1995), Richard Holbrooke. Karadzic affirme avoir passé un «deal» avec l’émissaire de Bill Clinton, en 1996, en vertu duquel il aurait accepté de se retirer de la vie politique et de ne pas gêner le processus de paix en Bosnie en échange de son immunité. Et d’expliquer, sans rire, qu’il aurait risqué d’être «liquidé» s’il avait osé violer ce deal pour se rendre au TPIY.

Compromissions. Dans une interview au Spiegel publiée le 26 juillet, Richard Holbrooke a démenti, une fois de plus, cette version qui court depuis plusieurs années. Mais de fait, à la suite d’une entrevue à Pale, l’ancien fief de Karadzic sur les hauteurs de Sarajevo, à l’été 1996, le chef des Serbes de Bosnie n’était plus apparu publiquement. Sans pour autant être inquiété. En 1997, il plongeait dans la clandestinité. Durant de longues années, Américains et Français s’accuseront mutuellement d’avoir empêché son arrestation, entretenant les rumeurs sur d’éventuelles compromissions durant la guerre en Bosnie. Hier, s’il n’a pas pu en dire plus, Karadzic a laissé entendre qu’il n’hésiterait pas à «balancer».


Libération



Manifestation de Serbes de Bosnie en faveur de Radovan Karadzic

Manifestation de Serbes de Bosnie en faveur de Radovan Karadzic

Plusieurs milliers de Serbes de Bosnie ont participé samedi à des manifestations d'une heure dans plusieurs villes de l'entité serbe de Bosnie, la Republika Srpska (RS), pour marquer leur soutien à leur ancien chef, Radovan Karadzic.

 


Les manifestants ont allumé des bougies à la suite de marches pacifiques organisées par le Parti démocratique de Serbie (SDS), fondé par Radovan Karadzic.

Menées par l'actuel chef du SDS, Mladen Bosic, quelque 2.000 personnes se sont rassemblées à Pale, près de Sarajevo, bastion de Karadzic pendant la guerre de Bosnie qui a ravagé cette ex-république yougoslave de 1992 à 1995.

Les manifestants portaient des photos de Karadzic et des banderoles le qualifiant de "héros serbe". Certains d'entre eux étaient vêtus de tee-shirts ornés de photos de Karadzic et de l'ancien chef militaire Ratko Mladic.

M. Bosic a déclaré qu'il s'attendait à "une active participation des institutions de la RS dans la mesure où le procès de Karadzic sera sûrement aussi celui de la RS, ce que les hommes politiques à Sarajevo ont déjà annoncé".

Le chef du SDS a rendu visite cette semaine en prison à Karadzic, arrêté lundi soir à Belgrade.

"Il m'a dit que quand ils savaient qui il était, ils ne savaient pas où il était, et quand ils savaient où il était, ils ne savaient pas qui il était", a-t-il raconté.

"Le but de cette manifestation est d'apporter notre soutien à Karadzic qui a sauvé les Serbes dans cette région", a déclaré à l'AFP Sveto Lucic, 76 ans, un des fondateurs du SDS.

"C'est une honte pour (le président serbe Boris) Tadic et pour son gouvernement d'avoir arrêté le plus grand héros de la Serbie dès leur prise de fonction", a-t-il ajouté.

Environ un millier de personnes ont également défilé dans les rues de Banja Luka, capitale des Serbes bosniaques.

Samedi matin, le responsable d'une association d'anciens prisonniers de guerre serbes a annoncé que ses membres étaient prêts à témoigner en faveur de Karadzic.

"Nous voulons défendre la vérité, tout en reconnaissant que les Serbes musulmans et les Croates ont aussi souffert pendant la guerre", a dit Slavko Jovicic, également député au parlement bosniaque.

Karadzic était réclamé par le TPI en particulier pour avoir été, avec le général Ratko Mladic, alors chef militaire des Serbes de Bosnie, l'instigateur du génocide de Srebrenica, dans l'est de la Bosnie, où près de 8.000 hommes et adolescents musulmans ont été tués en juillet 1995, le pire massacre en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.

Depuis la fin de la guerre, la Bosnie est formée de la RS et de la Fédération croato-musulmane, entités unies par de faibles institutions centrales.


Le Point
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article