Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag
Un livre écrit à partir de nombreux témoignages recueillis par l’auteur durant près de 25 ans, recoupés et complétés à l’aide des archives officielles. Prix : 28,00 € + frais de port et d’emballage (4,50 € pour un exemplaire)
Elle fut émaillée de combats, parfois farouches, livrés par des combattants français et algériens courageux, dans des paysages apocalyptiques, dans le froid, la pluie, la neige et le vent, ou sous une chaleur excessive. Elle fut aussi et surtout faite par de jeunes français respectueux de l’adversaire, dont l’immense majorité ne s’est pas livrée aux actes barbares dont font état certains.
Il vous emmène dans les djebels arides et déchiquetés, dans les sables et oasis du Sahara, dans les forêts tapissées de ronces ou de chênes-lièges, dans les airs à bord d’avions de chasse et d’hélicoptères qui survolaient des paysages magnifiques que la furie guerrière pouvait rapidement métamorphoser en enfer. Au fil des pages, vous côtoyez aussi ces rudes moudjahidin, parfois vétérans des Campagnes d’Italie et d’Indochine, qui se battaient pour leur indépendance avec détermination.
Les grands épisodes de la Guerre d’Algérie sont relatés : les opérations de Timimoun, la bataille de Souk Ahras, les combats livrés dans l’Atlas Saharien, dans les Aurès et à proximité des frontières tunisiennes et marocaines, la traque et la fin de « moudjahidin » éminents comme les colonels Amirouche, Si M’hamed, Lotfi, tous les trois chefs de Wilaya, jusqu’à la Bataille de Bizerte en Tunisie au cours de laquelle les parachutistes, venus d’Algérie, ont dégagé la base et la ville menacées.
Mon oncle, Claude Lepage, était un Appelé du Contingent qui a été incorporé dans un régiment de parachutistes. Il a été tué au combat sur la frontière algéro-tunisienne en février 1958. A ses obsèques, mes grands-parents étaient effondrés. Ma grand-mère se tenait assise sur une chaise que deux de ses fils portaient, avec un médecin à ses côtés pour lui administrer des piqûres. Jamais ils ne se sont remis de la disparition de leur « gamin » tout juste âgé de vingt-deux ans. Il y a quelques années, j’ai rencontré le frère d’un parachutiste du même régiment, mort au cours d’une embuscade. A l’époque, il était enfant. Dans les mois qui ont suivi la disparition de son grand frère, sa mère puis son père ont dépéri jusqu’à mourir de chagrin. Il n’avait que douze ans lorsqu’il fut placé à l’Assistance Publique…
Dernièrement, un ancien parachutiste du régiment de « Bigeard », retourné en Algérie en 2006, m’écrivait :
Je suis retourné à Alger et plus particulièrement à El Biar ou j’ai retrouvé les anciens de mon âge. Parmi eux des commerçants et deux anciens prisonniers. Je peux assurer que tous m’ont réservé le meilleur accueil possible ; certains m’ont invité à partager leur repas deux anciens commerçants aujourd’hui à la retraite avaient même gardé ma photo en para. Les jeunes qui nous entouraient me disaient : « tu as habité ici tu es chez toi, tu es le bienvenu ». Il est vraisemblable que si j’avais été le tortionnaire para tel qu’on se plait à le caricaturer encore aujourd’hui, l’accueil eut été différent. Nous étions des soldats professionnels. A aucun moment nous n’avons cherché à humilier un adversaire que nous respections…Dans le régiment, toutes les races et toutes les religions étaient représentées… A cette époque nous avions tous une petite amie européenne, arabe, berbère ou juive, nous n’étions pas racistes. Je pense qu’il est temps d’effacer nos rancœurs et tenter de rapprocher les adversaires d’hier…
Une bonne fois pour toute, il faudra admettre que les jeunes gens qui se sont battus en Algérie n’étaient pas des « barbares ». Ils ont eu à remplir une mission difficile et ingrate.
En janvier 1990, le général Jacques Massu m’écrivait dans une lettre : … Nous voyons bien aujourd’hui qu’en nous battant pour l’Algérie Française nous étions en pleine utopie… Il faudrait se décider à voir les choses en face, raisonnablement, et reconnaître que la passion nous a aveuglés, en l’absence d’avertissements sérieux…
Patrick-Charles RENAUD