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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Habiter dans du «canut» n’a pas toujours été un luxe


Après avoir été boudé pour sa rusticité, l’habitat traditionnel des tisseurs de soie est devenu très prisé par les nouveaux arrivants

Pas de doute possible, le canut se vend bien. Entendez par là les anciens ateliers de canuts transformés en appartements. Cela n’a pas été toujours le cas et pendant très longtemps, c’était plutôt l’inverse. La Croix-Rousse était boudée. Trop populaire, des conditions de logement sans les commodités d’aujourd’hui. C’est qu’au XXe siècle, avoir 100 m2 au sol, plus de 4 mètres de hauteur de plafond et un petit poêle à charbon en hiver, ce n’était pas la joie. Il a fallu mettre des faux plafonds, réduire le cubage de la pièce. Et puis les toilettes sur le palier. Quant à la salle d’eau, la pierre d’évier suffisait à l’hygiène. Autre temps.

Les progrès des moyens de chauffage, l’ambiance particulière du secteur oriental du plateau, oasis pour gens stressés, ont fait que depuis quelques années ce secteur croix-roussien est très prisé. Les qualificatifs des appartements ne manquent pas. « Charmant canut », «type canut », «beau, très beau canut », «rare canut », «type canut » et même « atypique canut»!

Mais s’agit-il toujours d’immeubles, d’appartements dans lesquels les tisseurs ont pendant 14, voire 18 heures par jour tissé la renommée de Lyon dans le monde?

Si Lyon a le privilège du tissage des fils d’or, d’argent et de soie depuis le XVIe siècle, il faut attendre 1820, 1825, pour que les canuts s’installent sur le plateau dans sa partie est. La mécanique Jacquard, qui se place au-dessus du métier, va les obliger à quitter les quartiers Saint-Paul, Saint-Jean et Saint-Georges. Il faut construire des immeubles capables d’abriter la mécanique. Le secteur oriental du plateau n’accueille à cette époque des terres agricoles, des vignes et de petites propriétés, les « gloriettes ». 4 000 habitants en 1800, 30 000 en 1852. Un boom immobilier. La partie ouest du plateau restera religieuse jusqu’en 1905. Quels aspects ont ces immeubles-ateliers de canuts? Ils ont de 4 à 5 étages. Des hautes fenêtres sans volet, sans ornement. Les vitres sont couvertes d’un papier huilé légèrement opaque pour que le soleil ne vienne pas frapper les fils teints. Pratiquement pas de balcon. Une architecture d’usine ou de caserne. L’intérieur est vaste, entièrement occupé par les appareils nécessaires au travail. Dans un coin, une alcôve pour l’intimité du couple et à mi-hauteur un plancher, un escalier ou une échelle pour y accéder, là dorment les ouvriers en soie, les apprentis et les enfants. C’est la suspente ou la soupente qui deviendra... La mezzanine. Dessous, la pierre d’évier, Voilà un véritable immeuble de canuts.


Le Progrès
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