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« Le droit de la famille des personnes étrangères et des Français d’origine étrangère est très particulier », explique Emmanuelle Massalve, responsable du projet Femmes informations juridiques internationales Rhônes-Alpes (Fijira).
Depuis 6 ans, cette structure, basée à Villeurbanne, vient en aide aux femmes migrantes et issues de l’immigration lorsqu’elles font face à des situations familiales difficiles, parfois discriminantes. Emmanuelle Massalve et sa collègue Cécile Corso sont toutes deux juristes et aident ces femmes, quand elles le peuvent, dans leurs démarches pour faire appliquer leurs droits.
Mariage forcé, répudiation, polygamie, sont autant de questions traitées par l’association. Les deux juristes tiennent une permanence téléphonique. Un simple conseil suffit parfois, mais ce n’est pas toujours le cas. 25 % des demandes par téléphone aboutissent à l’ouverture d’un dossier.
« Au départ on pensait que seuls des professionnels, travaillant par exemple dans des associations, nous appelleraient. Mais en réalité dans 60 % des cas ce sont les femmes qui prennent directement contact avec nous ». Récemment les juristes ont accompagné, jusque devant la Cour de cassation, une femme, résidant sur le territoire français, répudiée par son mari violent dans son pays d’origine. Alors que la répudiation n’est plus reconnue en France depuis 2004, la justice française lui refusait le divorce et ses avantages.
L’association a obtenu gain de cause.
En plus de la permanence, Emmanuelle Massalve et Cécile Corso organisent des formations sur les mêmes questions auprès de juristes et de travailleurs sociaux.
Actuellement, les deux femmes mettent également sur pied un projet de réseau transnational afin de travailler en collaboration avec des associations de défense des droits et des juristes dans les pays du Maghreb.
Ce projet permettra d’apporter la meilleure solution aux femmes qui se trouvent prises en porte-à-faux entre le droit de leur pays d’origine et le droit français.
En tout l’association du Fijira traite 700 dossiers par an.
Le Progrès