Il n’a pas cédé la moindre once de terrain à ses détracteurs. Devant les diplomates français réunis pour la seizième conférence annuelle des ambassadeurs, Nicolas Sarkozy a de nouveau justifié la présence française en Afghanistan dix jours après la mort de dix soldats français dans une embuscade.
Un retrait militaire «n'est pas concevable» pour le chef de l’Etat, car «il serait suivi du retour des talibans et d'Al Qaeda et de la déstabilisation du Pakistan voisin, qui possède l'arme nucléaire». La sécurité de la France commence dans les montagnes afghanes, voilà l’argument premier de l’Elysée.
«On s'engage dans la durée, ou alors ce n'est pas la peine de s'engager», a-t-il précisé. Seule modification à ses discours précédents, Nicolas Sarkozy a évoqué la nécessité d'une approche «globale», militaire et civile, jusqu’ici uniquement avancée par ses ministres Hervé Morin et Bernard Kouchner.
La décision de Moscou est inacceptable
Sur l’autre dossier brûlant, celui de la Russie, le président a enjoint aux Russes de retirer «sans délai» leurs forces de Géorgie, et «sur les lignes antérieures au déclenchement des hostilités», qui s’est produit dans la nuit du 7 au 8 août.
Un ton beaucoup plus ferme, alors qu’il demandait jusqu’ici à Moscou «de poursuivre et achever» son retrait de Géorgie, conformément à l'accord qu'il était allé négocier le 12 août à Moscou et Tbilissi. Un accord rendu caduc par la décision de la Russie, mardi, de reconnaître l'indépendance des républiques séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud.
Le Quai d’Orsay avait déclaré mardi que la présidence française de l’Union Européenne condamnait cette décision. Nicolas Sarkozy est allé plus loin en accusant Moscou de vouloir procéder à un «changement unilatéral des frontières» de la Géorgie, ce qui est «inacceptable».
«Personne ne souhaite revenir au temps de la guerre froide»
Il a néanmoins préservé un futur dans les relations avec la Russie en insistant sur le fait que «personne ne souhaite en revenir au temps de la guerre froide». «L'Otan n'est pas un adversaire mais un partenaire de la Russie», a-t-il confié, tout en déplorant que «le traumatisme des années 90 débouche malheureusement sur une volonté de restauration que certains qualifient d'impériale» en Russie.
Le président a appelé ses vingt-six partenaires de l'UE à adopter «une ligne commune» dans cette crise lors du Conseil européen, qu'il a convoqué à Bruxelles le 1er septembre.
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