PLUS RAPIDE, moins coûteux et simple d’utilisation. Le test salivaire qui permet de détecter la présence de stupéfiants dans l’organisme des automobilistes fait ses premiers pas en banlieue parisienne après un premier contrôle dans la capitale le 15 août.
Hier, à l’aube, dans le centre historique de Créteil (Val-de-Marne), une vingtaine de policiers étaient sur le pied de guerre.
« On prélève de la salive avec un bâtonnet, explique le capitaine Alexandre Fouchard, de l’unité routière départementale. Cet échantillon est ensuite mélangé à une substance chimique et déposé dans un petit boîtier en plastique contenant un papier réactif. C’est plus rapide et moins cher, environ 10 €, que les analyses urinaires. » Les forces de l’ordre recevront prochainement 52 000 tests dans toute la France. Ce qui représente un budget de 4 millions d’euros sur trois ans.
Quatre cas positifs sur 300 contrôles
Quinze minutes plus tard, le verdict tombe. « Si un trait horizontal rouge se dessine en face de l’un des types de drogue détectables, le contrôle est négatif. Si la surface du test reste blanche, le contrôle est positif, poursuit l’officier. Avec cet outil, nous sommes capables de détecter tous types de stupéfiants : le cannabis, la cocaïne, l’héroïne, mais aussi l’ecstasy ou les amphétamines. »
Seul bémol, la législation n’autorise l’utilisation de ces kits salivaires que si une infraction préalable a été constatée, comme la consommation d’alcool, ou si le conducteur est soupçonné d’avoir consommé des stupéfiants. « Les yeux rouges, des propos incohérents ou un état de sudation sont des symptômes d’une consommation de drogue », précise Alexandre Fauchard.
Hier, à Créteil, sur 300 automobilistes contrôlés, 8 avaient consommé de l’alcool. Parmi eux, 4 se sont révélés positifs au cannabis. Mi-août à Paris, les policiers avaient décelé 1 cas positif sur 177 conducteurs contrôlés.
L’un des contrevenants du Val-de-Marne s’étonnait hier matin : « C’est incroyable ! J’ai fumé un joint hier matin ( NDLR : vendredi matin) et cette boîte en plastique est capable de le détecter. » Le cannabis est en effet détectable pendant vingt-quatre heures. L’héroïne aussi. Les amphétamines pendant deux jours. Et la cocaïne, douze jours !
Placés en garde à vue, les quatre hommes devaient subir dans la foulée une analyse sanguine. « C’est le seul moyen de quantifier exactement la drogue consommée, justifie Alexandre Fauchard. Contrairement à l’alcool, il n’y a pas de seuil. Il y a infraction dès la moindre présence de drogue dans l’organisme. » La peine encourue peut alors atteindre 4 500 € d’amende, deux ans de prison et trois ans de suspension de permis.