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La Biennale de la Danse de Lyon, qui fête ses 25 ans, a démarré samedi soir par une création et une reprise donnant vie à de grands monuments de la musique, Gershwin et Bach, en leur insufflant l'énergie vitale de la danse contemporaine.
"Retour en avant", qui a donné son titre à cette 13e biennale, est une "re-création" de la pièce montée en 1983 par le chorégraphe lyonnais Michel Hallet Eghayan et sa compagnie.
Elle explore le rapport entre la danse et la musique, entre l'héritage et la création artistique, et souligne la dimension éternelle des grandes oeuvres en revisitant par la danse de grands classiques de Jean-Sébastien Bach.
"Good morning Mr. Gershwin", présenté en première mondiale lors de l'ouverture de la Biennale de la danse à Lyon, est pour sa part un hommage plein de fantaisie sous forme de biographie dansée du compositeur américain, qui a débuté à Broadway et terminé sa carrière par un opéra sur les Noirs.
La Compagnie Montalvo-Hervieu signe là sa deuxième rencontre avec George Gershwin, après avoir monté au printemps l'opéra "Porgy and Bess", qui traite du sort des Afro-américains dans les ghettos des années 30, entre drogue, violence et prostitution.
"Good morning Mr. Gershwin" est découpée en trois temps, retraçant la vie et l'oeuvre du compositeur, fils d'immmigrés juifs venus de Russie, né en 1898 à New York et mort en 1937 à Hollywood.
Elle commence par l'évocation de l'univers sensuel et humoristique des comédies musicales de Broadway, reprenant des airs qui ont rendu Gershwin internationalement célèbre et sont devenus des standards de ce genre populaire: "Swanee", "Lady be good" ou encore "The man I love"..
Puis les danseurs interprètent, avec ce mélange de style propre aux chorégraphes José Montalvo et Dominique Hervieu - hip hop et pointes, danse traditionnelle et swing - la musique "sérieuse" de Gershwin, ses "Etudes" et "Préludes" au piano, eux-mêmes fruits du mélange entre la musique classique européenne et le jazz alors réservé aux Noirs américains.
La dernière partie reprend des éléments scénographiques de l'opéra "Porgy and Bess".
Sur la toile de fond en vidéo, des images d'époque, ghettos noirs, files d'attentes et manifestations contre la ségrégation, alors que l'eau ludique de la piscine et de la plage est remplacée par le raz-de-marée de la Grande Dépression de 1935.
La troupe du Centre chorégraphique national de Créteil danse ces luttes sociales, aux échos très contemporains, dans une version uniquement chorégraphique de "Porgy and Bess", opéra jazzy notamment connu pour son air maintes fois réinterpréter depuis: "Summertime".
AFP