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«Bruno Gollnisch est là depuis trente ans. S’il ne s’est pas mis en avant, c’est peut-être un élément de sa personnalité», jugeait sévèrement le vieux leader de l’extrême droite dans Valeurs actuelles. En privé, Le Pen ironisait sur son lieutenant, lui reconnaissant «de grandes qualités. Il parle très bien le japonais par exemple». « J’aurais souhaité qu’il conserve un rôle arbitral. S’il souhaite prendre position, je n’ai, ni la possibilité, ni l’intention de l’en empêcher», s’est contenté de répondre le député européen, sans une parole pour voler au secours de Carl Lang, un de ses proches, évincé des prochaines élections européennes. «Bruno a toujours été muselé par sa fidélité inconditionnelle à Le Pen, au chef, qui en a bien profité», déplore un de ses proches. Lorsqu’éclate la querelle entre Bernard Antony, le chef de file des catholiques traditionalistes et le président du FN et sa fille Marine Le Pen, Bruno Gollnisch se garde bien de prendre parti et de soutenir celui qui était pourtant un allié de poids face aux ambitions de la jeune vice-présidente du FN.
«Ce n’est pas dans son tempérament d’aller au combat. Même s’il connaît bien la civilisation japonaise, il n’a pas l’esprit samouraï», constate un cadre du mouvement. «Je ne combats jamais contre mon propre camp. Ce n’est pas dans mon intérêt. Certains de mes amis me l’ont effectivement reproché mais cela a toujours été ma ligne. Je ne cherche pas la confrontation à l’intérieur du mouvement», se justifie de son côté le vice-président du FN en charge des questions internationales. Un poste qui lui a été confié lors du dernier congrès du Front national à Bordeaux en 2007. Sa rivale, Marine Le Pen, prenait en main tout le reste pour s’assurer le contrôle des rouages du parti.
«Bruno Gollnisch s’est laissé marginaliser. Il pense qu’il vaut mieux conserver un tout petit poste que plus rien du tout et d’être à l’extérieur», explique Carl Lang, ancien numéro trois du mouvement, qui l’a poussé, à plusieurs reprises, à résister aux manœuvres de Marine Le Pen, sans succès. «Pour réussir quelque chose, il faut en avoir envie. Je ne suis pas très sûr que Bruno Gollnisch ait vraiment très envie de devenir président du FN», balance Jean-Marie Le Pen. Gollnisch se console, lui, en rappelant que, lors du dernier congrès, il a été le mieux élu au sein du comité central. Si Marine Le Pen bénéficie de la sympathie des électeurs du FN, l’ancien délégué général jouit d’une popularité intacte auprès des adhérents et des cadres du mouvement. Ceux qui justement seront chargés d’élire le prochain président du FN en 2010.
Libé Lyon