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JOHANNESBURG (AFP) — Une décision d'un tribunal sud-africain impliquant que le gouvernement du président Thabo Mbeki était intervenu dans l'affaire de corruption concernant son principal rival, Jacob Zuma, sera examinée par le parti au pouvoir, selon l'ANC et la presse.
"Nous allons examiner la décision (du tribunal) et ses implications", a indiqué dimanche le secrétaire général du Congrès national africain (ANC), Gwede Mantashe, précisant toutefois qu'il n'y avait pas de réunion particulière pour discuter du cas Mbeki.
Le tribunal de Pietermaritzburg (sud-est) a invalidé vendredi des poursuites dans une affaire de corruption à l'encontre de Jacob Zuma, chef de l'ANC et à ce titre favori à l'élection présidentielle de 2009.
Le juge Chris Nicholson a accepté la requête en non-lieu présentée par la défense de M. Zuma et a motivé sa décision par le fait que le parquet n'avait pas entendu les arguments de la défense avant d'inculper M. Zuma. Le juge a également mis en cause l'interférence de l'exécutif dans le dossier.
Les journaux ce week-end ont rapporté que l'ANC allait parler de l'avenir de M. Mbeki après que le tribunal de Pietermaritzburg eut souligné une "influence néfaste" du pouvoir dans l'inculpation de Jacob Zuma.
Le Sunday Independant a même rapporté que des initiatives étaient en cours pour tenter d'installer Jacob Zuma à la tête de l'Etat sans même attendre l'organisation d'élections.
Le City Press cite le chef du groupe parlementaire de l'ANC, Nathi Mthethwa, affirmant que le groupe décidera de l'attitude qu'il devra adopter vis-à-vis de Thabo Mbeki lorsque le Parlement se réunira dans deux semaines.
Limogé en tant que vice-président par Thabo Mbeki en 2005, M. Zuma avait été inquiété par la justice dix jours après avoir évincé M. Mbeki de la tête de l'ANC lors du congrès de décembre dernier.
La coïncidence entre "le moment où l'inculpation a été prononcée peu après que le président eut subi une défaite politique au congrès de Polokwane est à déplorer" avait déclaré le juge Chris Nicholson devant le tribunal de Pietermaritzburg.
"L'affirmation de M. Zuma selon laquelle une intervention politique est derrière son inculpation n'est pas fausse", avait ajouté le juge.
Vendredi, le cabinet du président Mbeki a affirmé "n'être absolument pas au courant d'un fait quelconque qui pourrait aboutir à la conclusion qu'une intervention de l'exécutif ait eu lieu."
Cependant le cabinet présidentiel avait ajouté qu'il étudierait davantage la décision du juge Nicholson.
L'ANC doit tenir cette semaine deux réunions importantes.