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UE: premier sommet sur les Roms à Bruxelles


BUCAREST (AFP) — Le premier sommet de l'UE sur les Roms, mardi à Bruxelles, devrait entériner la volonté des 27 d'accélérer l'inclusion de cette minorité, frappée par un fort taux de pauvreté et de chômage et victime de la discrimination, estiment les ONG roumaines.

La Commission européenne a appelé mardi les Etats de l'UE a offrir des "chances réelles" d'intégration aux membres de la minorité Rom, dont la situation est "dramatique", et à combattre les discriminations, au cours d'une conférence organisée à Bruxelles.

"La situation dramatique des Roms ne peut être réglée depuis Bruxelles", a averti le président de l'exécutif bruxellois José Manuel Barroso à l'ouverture de cette réunion. "Les instruments pour créer ce changement sont dans les mains des Etats membres. Les politiques pour l'intégration des Roms sont de la compétence des Etats membres", a-t-il insisté.

Plusieurs représentants des communautés Roms se sont alors levés et ont montré un T-shirt dénonçant "le fichage ethnique", un rappel des mesures mises en oeuvre par le gouvernement de Silvio Berlusconi en Italie.

"Vous dénoncez la discrimination ethnique. La Commission est tout à fait sur cette ligne. Nous rejetons toute stigmatisation dans l'Union européenne. Chacun doit pouvoir vivre sa vie libre de toute discrimination et de toute persécution", a assuré M. Barroso sous les applaudissements.

La Commission européenne vient pourtant d'avaliser le recensement controversé des Roms en Italie, à la grande satisfaction des autorités de ce pays.

Parmi les mesures mises en oeuvre par Rome figurent le recours au test ADN dans les procédures de regroupement familial, des prises d'empreintes et un recensement des habitants des camps de nomades, décisions justifiées par les autorités italiennes par le souci de protéger et de scolariser les enfants. Ces mesures ont été stigmatisées par le financier George Soros, un des principaux intervenants, qui a été fait à cette occasion "citoyen Rom" par des représentants de la communauté.

"Je suis sérieusement préoccupé par le fichage des Roms en Italie. Je crains que cela ne devienne une norme de facto dans l'Union européenne", a-t-il dénoncé lors de son intervention, quelques minutes après M. Barroso, qui avait déjà quitté la réunion. "Le fichage ethnique devrait être illégal et j'espère que la Cour européenne de Justice établira ce fait", a-t-il lancé sous les ovations de l'assistance.

"Nous espérons qu'il ne s'agira pas d'une simple opération de relations publiques et que ce sommet enverra un message fort quant à la détermination de la Commission européenne d'oeuvrer en faveur de l'inclusion sociale des Roms", avait déclaré lundi à l'AFP Nicolae Gheorghe, militant rom et ancien conseiller auprès de l'OSCE pour les questions liées à cette minorité.

Les participants devraient notamment se mettre d'accord sur un plan d'actions visant à améliorer la scolarisation des enfants roms, l'un des principaux défis pour cette communauté, estime-t-il.

Selon un rapport du Conseil de l'Europe, jusqu'à 50% des enfants roms ne terminent pas leurs études primaires, tandis que 50 à 80% de ceux qui sont scolarisés en Europe centrale et orientale sont orientés vers des "écoles spéciales" créées dans les années 1950-1960 pour accueillir des mineurs présentant des difficultés d'apprentissage.

M. Gheorghe craint néanmoins que l'intérêt pour le sort de cette communauté, comptant entre 10 et 12 millions de membres en Europe, "ne disparaisse dès la fin de la réunion" ou que ce sujet "ne soit englouti par le Pacte européen pour l'immigration prôné par le président Nicolas Sarkozy", qui veut en faire l'une des priorités de la présidence française de l'UE.

Mihai Neacsu, responsable de l'association Amare Rromentza, espère que ce sommet décidera de la création, à l'horizon 2009-2010, d'un "département" au sein de la Commission chargé des problèmes des Roms.

Mais il souligne le contexte délicat dans lequel se déroule cette réunion, deux semaines après que Bruxelles eut donné sa bénédiction aux mesures annoncées par le gouvernement de Silvio Berlusconi dans la lutte contre la criminalité et l'immigration clandestine, critiquées en raison de leur caractère "discriminatoire". "J'aimerais voir la Commission reconsidérer sa position à cet égard", lance M. Neacsu, se déclarant "encore plus surpris par le silence des Etats membres, la Roumanie en tête, qui auraient dû dénoncer à haute voix ces mesures".

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