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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Quand une cité était gangrenée par le trafic de drogue


TRENTE-SEPT prévenus, dont sept détenus, trente-cinq tomes d’instruction, trois semaines d’audience. Pour le procès hors norme qui s’ouvre ce matin à Bobigny, les débats auront lieu dans la seconde cour d’assises du tribunal de grande instance, plus vaste que la traditionnelle salle réservée aux audiences de la 13 e chambre correctionnelle.

Jusqu’au 7 octobre sont jugés les acteurs présumés de l’affaire de stupéfiants de cité Basse, du nom de l’un des quartiers de Sevran (Seine-Saint-Denis).

L’enquête avait démarré fortuitement après la découverte, en avril 2006, de quelques kilos de cannabis et de documents de comptes dans un appartement squatté de Rougemont, un autre quartier de la ville. Dans cette commune à la réputation toujours en vigueur de plaque tournante de la drogue du Nord-Est francilien, cette découverte n’était pas une surprise. Mais des renseignements anonymes arrivés à point nommé ont orienté la sûreté départementale vers cité Basse où, selon un témoignage versé au dossier, une organisation structurée reposait sur une poignée de semi-grossistes qui s’organisaient, en temps partagé, pour écouler le cannabis et un peu de cocaïne. A charge pour eux de recruter les transporteurs, les vendeurs et ces fameuses nourrices, terme désignant l’appartement ou la personne chez qui la drogue est cachée pour éloigner les soupçons. Une parade fragile, lorsqu’on laisse aussi chez cette nourrice des documents de comptes, avec des listes de noms ou de pseudonymes. Des mois de surveillance et d’écoutes ont conduit à seize mises en examen, le 1 e r février 2007. Les saisies ont conforté l’enquête : 200 kg de résine, 120 000 €, des armes de guerre. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, s’était rendu à Bobigny féliciter les auteurs de cette « opération de lutte contre l’économie souterraine ».

« Peur des représailles »

Une dizaine de nourrices présumées sont appelées à la barre ce matin. Des hommes et des femmes de 20 à 54 ans, mère et fils, conjoint et concubine. La plupart ont expliqué avoir cédé « par peur des représailles », moyennant « 700 € par mois », « 150 € à la naissance d’un enfant » ou une somme promise jamais versée. Leurs estimations des quantités qui transitaient chez elles varient : « 1 kg tous les trois jours », « entre 50 kg et 100 kg de résine par mois ou deux fois le mois ».

Les trafiquants présumés, de 20 à 30 ans, parfois membres d’une même famille, anciens du quartier, se sont montrés moins bavards, niant, minimisant ou refusant de répondre. Les commandes évoquées par téléphone auraient fait état, non pas de drogue, mais de « voitures ou de chiots ». L’un des prévenus a justifié son confortable solde bancaire par des dons à son mariage. Son avocat a d’ailleurs fourni au juge la liste des invités à la noce afin qu’il puisse les interroger. Le volet financier a été disjoint et est toujours instruit.

Que les langues se délient au gré des débats serait une incroyable surprise. D’autant que deux des cinq leaders présumés, Issam Saad et Ouicem Kattoursi, n’ont plus donné de leurs nouvelles à la justice depuis leur remise en liberté. Ils sont sous le coup d’un mandat d’arrêt. Autre inconnue : la présence des supposées nourrices, dont certaines ont refusé les confrontations. Les peines encourues sont de dix ans, et vingt ans pour les récidivistes.

Le Parisien

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