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La police a procédé jeudi matin à l'évacuation partielle d'un immeuble squatté par des Ivoiriens dans le 13e arrondissement de Paris, soit 84 personnes concernées dont 19 enfants, "pour des motifs de sécurité", a annoncé la Préfecture de police de Paris (PP) dans un communiqué.
"Il a été procédé ce jour à l'évacuation partielle pour des motifs de sécurité bâtimentaire de l'immeuble situé 148/150 boulevard Vincent Auriol à Paris 13e", objet d'une expropriation, selon la PP qui a précisé à l'AFP que les occupants "squattaient les lieux".
Le bâtiment, anciennement Maison des étudiants de Côte d'Ivoire, abrite au total 182 personnes, dont 36 enfants, toutes ivoiriennes, dont certaines sans papiers, selon le Comité de soutien aux squatters qui dénonce le fait que le relogement ne soit pas intervenu en préalable à toute expulsion.
Quatre-vingt quatre personnes ont été évacuées dont 19 enfants, "sans incident", a ajouté la PP.
"La première partie de l'évacuation intervient ce matin après une minutieuse préparation avec les services compétents pour l'hébergement et le relogement, la Préfecture de Paris et la Ville de Paris", a précise la PP selon laquelle "sont aujourd'hui évacués en priorité les occupants des appartements qui ne sont pas accessibles aux secours, ainsi que les ménages les plus fragiles (familles avec enfants, personnes âgées ou malades).
"Ces dernières ont toutes fait l'objet d'un suivi social individualisé préalablement à l'opération et ont été conduites sur des lieux d'hébergement temporaires. D'ores et déjà, 18 relogements fermes ont été proposés aux 42 familles concernées. D'autres propositions suivront", affirme la PP.
Pour justifier l'évacuation, la PP invoque "le rapport d'un expert indépendant désigné par le président du tribunal administratif de Paris" qui "a confirmé l'analyse du danger émise par les architectes de sécurité de la préfecture de police. Sont en cause la vétusté des installations électriques, la non-conformité des normes d'évacuation en cas d'incendie, la mauvaise connexion des tableaux de gaz, l'absence de ventilation et la fragilité de la structure des sols".
C'est "en raison de la nécessité d'assurer la sécurité des personnes", qu'un arrêté avait ainsi été pris le 19 septembre 2008 par le préfet de police "prononçant l'évacuation de l'immeuble".
"Cet immeuble, autrefois propriété de la République de Côte d'Ivoire pour y loger ses étudiants, est depuis 12 ans la propriété d'une société civile immobilière privée et fait l'objet d'une procédure d'expropriation pour créer des logements sociaux. Au regard de sa qualité d'ancien propriétaire et de la présence de ressortissants ivoiriens, l'Ambassade de Côte d'Ivoire a été préalablement informée des conditions de cette opération", toujours selon la PP.
Le Comité de soutien aux familles, par la voix de Catherine Gaumont, interrogée par l'AFP a jugé "très bien" d'envisager "une réhabilitation et une sécurisation" de l'immeuble, surtout "pour le transformer en logement sociaux".
Mais elle conteste "la manière: le problème est posé depuis des années et on avait des années pour reloger les gens. C'est ce qu'on aurait dû faire avant de les expulser brutalement alors que l'arrêté de péril imminent n'a été affiché que vendredi".
AFP