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Je viens de terminer « Les SS » de Guido Knopp, ancien journaliste pour de grands journaux allemands et qui dirige maintenant la rédaction « Histoire » de la chaîne allemande publique ZDF. Il est l'auteur d'un grand nombre de livres sur l'Allemagne nazie et est considéré comme l'un des meilleurs spécialistes du 3ème Reich. (à voir...)
Ce livre de plus de 550 pages est intéressant à plus d'un titre. Même si on peut douter parfois du bien-fondé de ses écrits.
Pour lui, la SS, regroupaient une bonne partie d'assassins, de marginaux, de brutes épaisses même s'il reconnaît qu'il y avait des personnes « comme tout le monde » et qu'il « n'y avait pas que des fous ou des personnes représentant la lie de la société. ». Quant à la SA, dont il parle pour souligner la rivalité des deux mouvements, il est beaucoup moins « tendre ».
De longues pages sur la volonté des nazis d'avoir plannifié l'holocauste mais aucune page sur les accords entre allemands et juifs. Et p 341 l'auteur ajoute : « Seul l'objectif avait été défini : l'extermination totale des juifs d'Europe. » (voir à ce sujet le très bon live de Jean-Claude Valla « Les Cahiers Libres D'Histoire n°4 : Le pacte germano-sioniste).
Ce livre nous apprend surement avec vérité l'état d'esprit et la personnalité de certains dirigeants et acteurs principaux de la SS, comme Heinrich Himmler, Reinhard Heydrich ou encore Otto Skorzeny.
Mais pour certains passages, les accusations qu'il porte envers tel personnage ou envers tel action de la SS, il ne peut citer pratiquement aucune source. Pour certains faits, elles sont quasiment inéxistantes. Il est alors facile de faire dire n'importe quoi à des personnes sans arriver à montrer une preuve tangible. Pas mal de récits ayant été écrits en détention, ils pouvaient très bien leur faire écrire ce que les vainqueurs attendaient en définitif.
Une autre partie du livre est consacrée à la Waffen-SS, version guerrière de la SS. Guido Knopp nous raconte que la Waffen-SS était impliquée dans les crimes de guerre et les camps de concentration. « Non, l'élite de la Wermacht n'était pas la Waffen-SS ». Il démystifie ensuite : « C'est au cours de la guerre que naquit la fable d'une Waffen-SS surarmée et pourvue d'un matériel humain prêt au sacrifice, d'où ses loudes pertes. Ce sont les unités SS elles-mêmes, par leur propension à se présenter comme le type même de l'élite militaire, qui contribuèrent à répandre cette légende ». On est bien loin d'un Jean Mabire (j'en profite au passage pour saluer la mémoire de cet écrivain guerrier qui vient de disparaître... Rejoins les Dieux, camarade, et veillent sur nous du Valhalla !)
L'auteur nous raconte l'histoire de la « forteresse alpine », dernier refuge où Hitler et ses hommes auraient pu rester cachés et résister au siège des alliés. C'est dans cette endroit qu'Otto Skorzeny fut prisonnier par les Américains en mai 1945.
Il nous parle aussi de l'opération « ODESSA », censée être une ligue – ou des ligues – regroupant les nationaux-socialistes après la guerre pour organiser leur fuite et créer des réseaux dans les pays étrangers. Guido Knopp nous indique également la fabrication d'importantes quantités de faux billets (notamment un un grand nombre de Livre Sterling) par les Allemands dont une partie fut cachée dans le lac Toplitz et fut découverte en 1959.
Une partie des évêques et d'archevêques du Vatican, dont Monseigneur Alois Hudal – admirateur du nazisme et du fascisme – vinrent en aide aux réfugiés – principalement anti-communistes – pour les faire transfuger dans un pays étranger. De faux papiers et de l'argent leur furent mis à disposition. De nombreux SS en bénificièrent et non pas des moindres – comme le célèbre docteur Mengele ou encore Adolf Eichmann. Hans-Ulrich Rudel, un as de la Luftwaffe, exprimera sa gratitude dans une lettre écrite d'Argentine : « Certains ont parcouru les Alpes vêtus d'un froc, en marchant de couvent en couvent. On peut nourrir vis-à-vis du catholicisme les sentiments que l'on veut. Mais que jamais ne soit oubliée l'action de l'Eglise, et particulièrement de personnalités éminemment humaines au sein de cette Eglise, grâce à laquelle, ces années-là, fut sauvée d'une mort certaine une si grande partie de la précieuse substance de notre peuple ! »
En Argentine, Juan Peron, qui avait beaucoup de bienveillance pour Hitler et les Allemands – même après la guerre – se fixa pour but de sauver autant de nazis que possible. Evita Peron, elle aussi, aurait aidé à préparer le terrain pour l' « opération de sauvetage ».
D'autres nazis – comme Klaus Barbie - furent, quant à eux, engagés par les Américains au réseau d'espionnage CIC (Counter Intelligence Corps – ancètre de la CIA). Ce qui fit scandale plus tard. Tout comme l'armée américaine employa de nombreux scientifiques Allemands pour profiter de leur savoir et afin qu'ils ne tombent pas aux mains des soviétiques.
Très intéressant aussi, l' « Oeuvre des camarades » fondé par Hans-Ulrich Rudel. L'objectif de l'association était de soutenir les criminels de guerre emprisonnés, ainsi que leurs familles en Allemagne. Il réussit à réunir des fonds provenant de généreux donateurs d'Argentine et du Chili. (En voilà un très bon exemple de solidarité !!).
Yanndarc
le 02/04/2006
« Les SS : un avertisssement de l'Histoire » de Guido Knopp.
Ed France Loisirs. 2004. 566 pages. Nombreuses photos.
