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France, Allemagne, Autriche : le phénomène de la radicalisation islamiste en prison reste très limité mais pour éviter qu’il ne prenne de l’ampleur, un séminaire européen sur la question a été organisé mardi à l’initiative de la ministre française Michèle Alliot-Marie. A cette occasion, elle a présenté un "manuel, à destination de l'ensemble des personnels pénitentiaires" de l'Union européenne, recensant "un certain nombre d'indicateurs" annonciateurs d'un début de radicalisation et proposant "des recommandations".
Dans les prisons françaises, on dénombre 80 condamnés pour terrorisme ou soutien à des réseaux islamistes. Une centaine de détenus sont également considérés comme en voie de radicalisation. Une minorité par rapport aux 60.000 personnes détenues actuellement. Mais, pour contrebalancer la radicalisation, les spécialistes notent que les imams sont trop peu nombreux en prison. Ils sont 117 contre 600 aumôniers chrétiens, soit cinq fois moins.
Parmi les recommandations, il s’agit de mieux repérer la radicalisation islamiste. "Ce qui peut être d'ordre extérieur, vestimentaire ou barbe qu'on laisse pousser" est à prendre en compte, précise Michèle Alliot-Marie, qui met aussi en garde contre des signes moins visibles comme "le refus d'obéir à des ordres donnés par les personnels féminins" de l'Administration pénitentiaire.
Une administration pénitentiaire invitée à mieux prendre en compte également la pratique religieuse quand il ne s’agit que de simples croyants. "Cette situation est effectivement inquiétante. Aujourd'hui comme hier, les personnels pénitentiaires n'ont pas les moyens adéquats pour repérer ce phénomène. La formation continue sur ce sujet est quasi inexistante", pointe cependant du doigt l'Ufap, le premier syndicat de surveillants.
Europe 1