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La mise en place par le maire UMP de Meaux, Jean-François Copé, de "référents de proximité" chargés de relayer les situations de personnes en difficulté, est critiquée par l'opposition qui craint "une intrusion" dans la vie des habitants et parle de "clientélisme". (sic. de la part de la Gauche, c'est l'hôpital qui se fout de la charité !)
Ces 169 référents, des citoyens bénévoles, ont été "installés" dans leur fonction le 13 septembre à Meaux (Seine-et-Marne). Depuis, ils ont fait remonter quelque 250 demandes auprès du cabinet de Jean-François Copé, également chef de file des députés UMP.
La mairie affirme ne pas avoir opéré de sélection parmi les candidats.
Selon les termes de la charte signée par chacun, "le référent de proximité a pour mission de relayer auprès du maire, Jean-François Copé, les problèmes quotidiens qu'il rencontre autour de lui, sur le domaine public, mais aussi les situations de personnes qu'il connaît et qui éprouvent des difficultés".
Exemples de situations pouvant donner lieu à signalement, selon un document de la mairie: "un trottoir en mauvais état, un problème de propreté", mais aussi "attirer l'attention sur une personne isolée qui a besoin d'aide, ou sur une famille en difficulté, ou encore sur un chercheur d'emploi qui aurait besoin d'être accompagné dans ses démarches".
Pour mener à bien leur mission, les référents disposent d'une "page personnelle sur le site internet de la ville de Meaux" et d'un "numéro de téléphone direct auprès du cabinet du maire".
Les demandes sont "immédiatement traitées afin de trouver une réponse rapide, en liaison avec les élus du Comité de quartier et les services de la ville concernés".
Le renforcement de la "démocratie locale", dans laquelle s'inscrit le nouveau dispositif, était une promesse de campagne de Jean-François Copé, réélu avec 68% des voix au premier tour des élections municipales 2008.
Elu socialiste de l'opposition, l'avocat Henri Gerphagnon, dénonce une forme de "clientélisme": "C'est +dis-moi de quoi tu as besoin, je te rendrai service et en échange j'attends un retour électoral+".
Il s'inquiète des risques d'"intrusion" dans la vie privée des Meldois. Avec "cela, ajouté à la multiplication des caméras vidéos, on vit dans une ville où on est surveillé de toute part", affirme-t-il.
Un porte-parole de la mairie rétorque que chaque référent s'engage en signant la charte à "oeuvrer au sein de ce dispositif en vue de l'intérêt général, sans préoccupation personnelle ni politique". Le texte prévoit aussi une "évaluation" annuelle, à l'issue de laquelle le référent sera reconduit ou non.
Henri Gerphagnon reconnaît ne pas avoir eu écho d'un quelconque usage abusif du dispositif.
Jocelyne Busson, 52 ans, institutrice dans une école du quartier difficile de Beauval, a "tout de suite adhéré" à une innovation qui permet de régler les problèmes "dans la journée". Elle a déjà relayé auprès de la mairie des problèmes d'inscription à la halte-garderie, à la cantine ou à l'étude. "Les gens n'osent pas demander, je sers d'intermédiaire", explique-t-elle.
Mme Busson note que le dispositif suppose "une honnêteté, une déontologie" et que pour cette raison, "les gens de l'opposition ont raison de dire qu'il y a des risques de dérapage". Mais, fait-elle valoir, les référents ont signé une charte et "les gens de la mairie sont aussi capables de filtrer".
AFP