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C'est un polar efficace, comme on dit. Mais pas seulement. L'originalité de Harcelés, de Neil LaBute, vient du fait que le personnage principal est raciste... et noir. A savoir un flic black, campé par Samuel L. Jackson, qui va passer tout le film à persécuter ses jeunes voisins - un couple mixte joué par le Blanc Patrick Wilson et la Black Kerry Washington. « Montrer un Noir raciste torpille les clichés, se délecte Sam Jackson. Ça arrive, et c'est une réalité qu'on montre rarement au cinéma. »
L'uniforme rigide et l'oeil glacial, le comédien campe un méchant d'anthologie dont le moindre regard désapprobateur donne envie d'appeler les déménageurs. Ses proies, aussi têtes de pioche que lui, refusent de débarrasser le terrain quand il tente de les intimider à coups de projecteurs aveuglants et d'air conditionné trafiqué. « Il commence par des choses gênantes avant de devenir de plus en plus violent, explique Neil LaBute. Il était important que ses persécutions demeurent réalistes. » Le dénouement, règlement de comptes sur fond d'incendie galopant, est pourtant plus spectaculaire que crédible. « Le film n'est pas un encouragement à l'autodéfense, insiste Jackson. Nous avons tenu à ce que les personnages restent complexes. » Son antihéros ne fait pas dans la dentelle, mais il est du bois dont sont faits les vrais vilains, qu'on préfère avoir au cinéma que sur son gazon.
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