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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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«Nous n’irons pas à Bobigny…»

Polémique. Une pétition, signée par la troupe de la Comédie-Française, dénonce le mariage forcé avec la MC 93.

Pour le ministère de la Culture, cela tourne à l’humiliation. Lundi, la conférence de presse organisée par Christine Albanel à Bobigny, pour présenter le projet de rapprochement entre la Comédie-Française et la MC 93, avait donné lieu à un concert de voix discordantes (Libération du 7 octobre).

La maire de Bobigny était enthousiaste, le président du conseil général, dubitatif, la ministre et Muriel Mayette, administrateur de la Comédie-Française, plutôt vagues. Patrick Sommier, directeur de la MC 93, rappelait qu’il n’avait tout simplement pas été consulté. Cependant, des dizaines d’artistes et de directeurs de théâtres publics manifestaient à la MC 93 leur incompréhension. Seul le dossier de presse - contenant une version écrite du discours de Christine Albanel très différente de celui prononcé - présentait la «prochaine installation de la Comédie-Française dans l’actuelle MC 93» comme pratiquement acquise. On peut, de fait, lire sur le site du ministère de la Culture les détails de cette installation.

Pour Denis Podalydès, figure emblématique de la Comédie-Française, c’est la goutte qui a fait déborder le vase. Une pétition, aux termes très vifs, a été signée par une majorité des comédiens de la troupe: «[…] Nous refusons de nous installer dans un théâtre contre ceux qui le dirigent, le font vivre. La publication de ce projet, annoncé comme décidé et imminent, a plongé les uns dans la stupéfaction, l’incompréhension, les autres dans la colère, la révolte […]. La situation est telle aujourd’hui qu’il nous paraît nécessaire de décliner la proposition de l’Etat, dans un premier temps, de nous concerter dans un second temps, avec l’ensemble des personnes concernées, […] afin d’étudier les moyens de ne pas laisser la MC 93, riche d’histoire, d’exigence et de vie, disparaître peu à peu, purement et simplement, comme il semblerait programmé.»

Un camouflet sans précédent pour Muriel Mayette, qui a de son côté publié un communiqué où elle dit «partager le sentiment de la troupe [mais] la polémique médiatique ne doit pas entamer la générosité d’une utopie artistique et historique».

Denis Podalydès estime qu’il était du devoir de la troupe de s’exprimer, pour couper court à «tout soupçon de forfaiture à l’égard de nos frères du théâtre public». «Il existe dans la maison une règle de réserve dont il est nécessaire de sortir. Nous sommes tombés des nues en découvrant sur le site du ministère un projet imminent et structuré. Nous avions eu une seule réunion du comité (qui regroupe l’administrateur, le doyen et six sociétaires de la troupe,ndlr), il y a quelques mois, où la possibilité avait été évoquée, comme une sorte de soutien à la MC 93. Mais nous n’en avions jamais reparlé. Improvisation, désordre, précipitation, volonté de monter les uns contre les autres: c’est insupportable.» En somme, pas de mariage, un enterrement et un gros chapeau à avaler pour Muriel Mayette, et surtout pour le ministère de la Culture. Sans rancune ?

Libération

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