Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

Mis à jour le 24 avril 2006
Ecrivain, soldat, combattant politique, Jean Mabire a lutté pour la civilisation européenne, ses peuples, son histoire et son honneur.
Aprés lui, nous continuerons à veiller sous l'étoile qui veille sur nos destins.
LES IDENTITAIRES
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Sale temps !
Il est des hommes qui guident, éveillent et transmettent.
Avec ses ouvrages historiques, Jean Mabire nous a raconté l’histoire de ces divisions perdues, de ces soldats tragiques et oubliés de la Seconde Guerre. Il nous a fait comprendre qu’avant les idées, c’est l’attitude de l’homme devant la mort et le danger qui compte ; n’importe quel guerrier – peu importe son camp ou ses idées - vaut ainsi mille fois plus que la masse amorphe et attentiste.
Avec Thulé ou les Dieux Maudits, il était en première ligne du réveil des anciens dieux, indispensable à la survie de l’Europe. La fibre païenne qui l’animait, il a transmis à quelques générations de militants. Il a orienté bien des vies et des destins en nous rapprochant de ces vieux dieux du Nord, garants de notre orgueil, de notre mémoire et de notre avenir.
Engagé pour l’Algérie Française, il avait déjoué le piège de la nostalgie stérile et du folklorisme. Refusant les clivages vétustes, il avait compris les vrais défis de notre temps. Relisez la Torche et le Glaive. Ce recueil d’articles, datés du milieu des années 60, n’a pas perdu une ride et me semble indispensable à toute bonne formation, et témoigne de la lucidité politique de Jean Mabire.
L’Europe, et la Normandie : Jean Mabire était un enraciné, infatigable défenseur de sa patrie charnelle. Dans un de ces derniers ouvrages, Des poètes normands et de l’héritage nordique, il rendait hommage à quelques dizaines de poètes qui, comme lui, célébraient la fidélité au sol et au sang normand (parmi lesquels le grand Gobineau).
Drieu parmi nous ! Nous attendons désormais un hommage à Jean Mabire semblable à celui que ce dernier a rendu à notre dandy préféré, maître parmi les maîtres. Et espérons que les centaines d’écrivains qu’il nous a fait découvrir dans ses Que Lire sauront honorer la mémoire de Jean Mabire.
Ecrivain et soldat, il n’y pas trente six façons de lui rendre hommage : lire, relire et faire lire son œuvre ; et continuer son combat, notre combat.
Je nous souhaite à tous d’être aussi fidèle que lui, et de combattre aussi longtemps que lui – c'est-à-dire toute une vie.
Jean Mabire s’est éclipsé il y a quelques jours. En début de printemps. Un signe.
Salut, patron ! A ta santé, et à bientôt.
http://genevieveetlesgarcons.hautetfort.com/
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Un grand historien et écrivain, Jean Mabire est décédé le 29 mars au soir.
Nous perdons une grande figure de la résistance à la pensée unique, Jean Mabire était une personne profondément humaine.
http://www.voxgalliae.blogspot.com/
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"C'est avec tristesse et affliction que nous avons appris, ma femme et moi, la mort de Jean Mabire, qui nous a quitté le mercredi 29 mars dans la nuit, victime d'un oedème pulmonaire.
Ainsi nous quitte pour rejoindre le Sol Invictus un homme profondément bon et plein d'humour, d'une culture exceptionnelle et toujours pourtant friant d'éléments nouveaux propres à renforcer son formidable réservoir de réflexion et d'action par les lettres.
Nous sommes quelques uns à l'avoir rencontré, dans notre cotentin, il y a près de ving années; nous étions jeunes alors, mais déjà très mal-pensants, ce qui avait attiré sur nos têtes blondes (pour la plupart!) un regard amusé de Maître Jean."
"Ainsi, au détour d'une signature à Caen de son roman consacré aux paras perdus, se trouva-t-il ce soir là quelque peu environné de petits normandios qui, même pour ceux qui dépassaient allègrement les deux mètres au garrot, l'entourèrent ce soir-là d'une courtoisie d'un autre âge, retrouvant immémorialement les traditions de l'accueil des grands et des chefs de clan que nos aïeux nous avaient laissé quelque part dans nos gènes.
Que croyez-vous qu'il arriva ?
Maître Jean se fit excuser auprès de ses amis (et aujourd'hui encore j'en rougis de confusion et de désolation pour eux) et partit, pour une nuit, vivre une soirée caennaise.
Nos appartements d'étudiants étaient simples, l'essentiel de la décoration étant constitué de livres de toutes sortes, empilés en tas concaves ou convexes selon la disposition des lieux; les plus fortunés exhibaient fièrement quelques rayonnages en contreplaqué qui, délicieusement laids, nous permettaient cependant de protéger autant que se pouvait nos rares (et d'autant plus précieuses) acquisitions chinées auprès des bouquinistes locaux. Les dieux soient loués, quelques bierres, cidres et whyskies erraient aussi de çi de là. Et Maître Jean, qui eut pû se demander au sein de quelle bande d'hurluberlus il était tombé par erreur,se mit à parcourir nos misérables rayonnages. Il nous fit l'honneur d'une bière (ces abominables bouteilles de Guinness brassées en angleterre qu'il affectionnait) puis, nos ouvrages en main et nous avisant avec bonté et humour, nous qui étions ivres de bonnes choses et de l'honneur de le recevoir dans nos terriers, nous expliqua que nous étions sur la bonne voie : ces bouquins rapinés sur de tristes stands d'occasion prouvaient que, chez nous aussi, le fonds était bon.
Enfin une bonne nouvelle !
Et, pendant que Katherine envisageait de reconstituer une unité de tireur d'élite féminine pour régler quelques problèmes sociaux, Maître Jean nous fit alors ... parler de nous, qui nous étions, ce que nous voulions. Tout ceux d'entre nous qui sont restés ou sont revenus dans le giron de notre Mère l'Eglise se rappellent forcément la puissante parabole des talents : "Qu'as tu fait de ton talent ? Celui-là, celui seul qui n'aura su user du talent que Dieu lui avait acordé, celui-là finira dans les ténèbres extérieures."
Ce soir là, Maître jean nous révélà notre parabole des talents, à sa manière enjouée et efficace : tu aimes la géopolitique, garçon, pourquoi ne pas aussi apprendre à en écrire pour que tes idées ne restant pas cendres mortes au tréfond de ta conscience et de tes regrets ? Tu aimes l'Histoire, jeune homme, hé bien, si tu ne peux la créer, écris-là et, d'abord et avant tout, renseignes-toi pour relater en conscience l'histoire telle qu'elle s'est peut-être passée au plus près du vivant, car tu ne sauras jamais ce qu'a ressenti le mitrailleur transi de froid dans sa tranchée, non plus que l'imperator acclamé par ses légions.
Cette nuit là, nous étions quelques uns à l'écouter, vous vous en souvenez, maintenant vieux camarades, c'était à Caen. Qui de nous a enfin cessé de perdre son talent ?
Nous aurions dû, nous ne l'avons sans doute pas fait comme il se devait (j'ai le souvenir toujours présent de tel article conservé honteusement dans un tiroir, que je n'osais jamais soumettre à sa lecture, de peur de m'entendre dire que tout celà était bien agréable à lire, certes, mais qu'enfin la vie, le sang qui sourd sous la peau aux grands froids en étaient absents. Alors, je n'ai pas osé.) Il est vrai aussi que les grands auteurs, surtout aussi accessibles que Maître Jean, créent autour d'eux une aura d'intelligence, d'humour et de bonne humeur au sein de laquelle l'on se sent tout à coup capable d'attaquer enfin une idée qui vous tient à coeur. Puis le quotidien nous a repris dans ses pattes malpropres, et le temps a passé. Nous restions au contact (il les avaient pris en amitié, ses petits normands de la seconde - ou troisième - génération du grand mouvement, et ne nous oubliaient pas quand nous, honte sur nous, lui donnions des nouvelles deux ou trois fois par an). Pourtant, il ne nous oubliaient pas, et, lors de mon mariage, il me fit l'amitié et l'honneur, déjà malade, de se joindre à nous pour le dîner. J'avais choisi la table qui serait la sienne : de vieux fidèles qu'il connaissait bien, et d'autres qui encore n'avaient jamais causé avec not'Maît. Il fut, paraît-il, plein de gentillesse et d'humour pour ses commensaux. Ce fut le cadeau que je leur fit, puisque, pour ma part, je ne pus que l'accueillir et le raccompagner plus tard.
Maître Jean nous a quitté, et jamais plus il ne me recevra dans son époustouflouflante bibliothèque surplombant la grève de Saint Servan. Plus jamais il ne viendra, en voisin, venir boire cette abominable Suse qu'il aimait tant, chez mes parents, derrière les remparts de Saint Malo. Chacun de nous, cependant, a accompli son destin, au moins en partie, depuis que vous nous avez accueilli, étudiants en déroute, devant votre porte ou Sköl, le fidèle, aboyait joyeusement, ayant senti la venue de nouveaux individus peu fréquentables !
Grand merci à vous, Jean, de nous avoir reçu, écouté, de nous avoir fait l'honneur de nos foyers et, surtout, de nous avoir parler, car votre parole résonne encore à mes oreilles."
Nicolas
http://www.europaegentes.com/modules.php?name=News&file=article&sid=224
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Jean Mabire nous a quittés, ce 29 mars 2006. Il est retourné à la terre, au vent et aux embruns de son pays. La pierre rude qui râpe le vent du Nord est le berceau et le lit de sa voix. Il y parle encore et encore des dieux. Il ne nous a pas quittés.
W.
http://www.grece-fr.net/accueil.php
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Un grand historien s’est éteint ...
Jean Mabire, né le 8 février1927 et décédé le 29 mars 2006, était un écrivain et journaliste français, mais avant tout un écrivain régionaliste engagé. Originaire de Normandie, il débute sa carrière avec la Revue Viking qu’il dirigera de 1949 à 1955. Il s’illustre durant la guerre d’Algérie ; son œuvre, composée pour l’essentiel d’ouvrages historiques, traite en grande partie des questions militaires. Jean Mabire a contribué à de nombreuses publications en tant que journaliste.
Il a débuté à La Presse de la Manche (Cherbourg) comme reporter, puis il a collaboré à Historia, mais également à la publication militante Défense de l’Occident, dirigée par Maurice Bardèche. Il fut l’un de fondateur dans les années 60’ de l’Union pour la Région Normande avec le député Pierre Godefroy et Didier Patte, et qui donnera naissance en 1971 au mouvement normand.
Il tient également une chronique littéraire dans l’hebdomadaire National-Hebdo. Cet écrivain a consacré sa vie à la Normandie pour laquelle il a écrit bon nombre d’ouvrages, seul ou en collaboration qui représentent des outils, comme « l’histoire de la Normandie », « la Normandie secrète ». Citons des ouvrages comme « les Vikings », « les Grands Marins Normands » ou encore « Les Dieux Maudits ». Un de ses derniers ouvrages « Les poètes Normands et l’héritage Nordique » est un élément indispensable de l’histoire littéraire normande.
Il fut un militant acharné de la défense de notre cause.
Jean Mabire ? présent !
http://www.nation.be/web/article.php3?id_article=581
Le même texte sur : http://zentropa.hautetfort.com/ et sur http://fr.novopress.info/index.php?paged=4
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Jean Mabire a été l’un de mes parrains en journalisme. Un grand frère avec qui, voilà quarante ans, j’ai fait les quatre cents coups et plus encore. Je crois être un des rares à avoir connu de manière vraiment proche et intime cet homme parfois un peu distant. À Barneville-Carteret, dans son Cotentin qu’il me fit découvrir et aimer, nous avions, sur la plage battue par une pluie grise et froides, de longues conversations qui m’ont donné la passion de
En lui, rien de maléfique, rien de faux.
Silencieux, il régnait sur les runes
Il était un océan de bonté, un gentil homme au sens le plus profond, rigoureux mais généreux, bienveillant, patient, prévenant et d’une surprenante humilité. Tout de vraie noblesse, bourré d’humour, fin comme l’ambre, désintéressé, il fut un artisan, un travailleur infatigable, d’une extraordinaire fidélité en amitié et en admirations.
Il n’était ni catholique ni de droite, mais il avait toutes les qualités que l’on voudrait aux gens de droite qui se prétendent catholiques et aux Catholiques qui se disent de droite.
Dans les difficultés quotidiennes comme dans les terribles épreuves que lui ont fait traverser des deuils douloureux, il a été admirable de dignité et de courage.
Je ne peux pas croire que le Seigneur, ne lui ait pas accordé le bonheur de retrouver les siens. Il doit bien y avoir, parmi Ses nombreuses demeures, une maison qui s’appelle Breidablikk, faite de métaux précieux, où Jean boit en chantant avec Jeanne, Nordhal et tous ceux qu’il a si magnifiquement défendus dans ses livres.
Serge de beketch.
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Maît’Jean est parti vers Thulé
Le ciel est gris. Jean Mabire (les siens et ses vieux amis l’appelaient Maît’Jean, selon la tradition normande) a rejoint
J’ai de la difficulté à écrire ces lignes. Comme si elles me confirmaient qu’il n’est plus là. Mais ce qui m’aide, c’est de savoir qu’il est toujours là. Il marche en esprit dans nos rangs, pour utiliser ces mots que nous réservons aux nôtres. A ceux dont l’honneur s’appelle fidélité. Si cette devise s’applique à quelqu’un c’est bien à lui. Lui que j’ai toujours trouvé à mes côtés quand la houle se faisait dure et que le navire peinait à tenir le cap.
Il avait dix-huit ans en 1945. Il avait connu les derniers feux d’un Francisme qui a suscité tant d’enthousiasme, de dévouement, d’engagement. Au sortir d’une guerre qui avait confirmé, après celle de 14-18, le grand suicide de l’Europe, il s’était retrouvé, très naturellement, au coude à coude avec des garçons de son âge, dont certains – parce qu’ils avaient quelques mois de plus que lui – avaient pu vivre de près le crépuscule des dieux. Communauté, jeunesse, solstice, chant : j’ai toujours à portée de main un carnet, daté du 19 juin 1948, sur lequel ces mots figurent et dont la couverture beige porte un dessin représentant un bûcher décoré d’une roue solaire marquée de runes. Pas de signature. Mais les initiés reconnaissent au premier coup d’?il la patte de ce remarquable dessinateur qu’est Maît’Jean (je préfère décidément utiliser le présent pour parler de lui). Un talent, allié à celui de l’écriture, qu’on retrouve dans Viking, qu’il dirige dès le premier numéro (mars 1949). Ces « Cahiers de la jeunesse des pays normands » annoncent la couleur : « Nous avons découvert dans le vent du Nord la certitude et la réalité. Venus de Paris, venus d’ailleurs, nous retournons vers notre peuple et vers notre sol ». L’aventure, exaltante, de Viking, a duré jusqu’en
Revenu, dans la vie civile, à son métier de journaliste (il était entré en 1956 à La presse de
Articles de revues, livres : ils se sont accumulés, au fil du temps, grâce à une vitalité créatrice dont peu d’écrivains sont capables. En écrivant ces lignes j’ai devant moi, sur les rayons de ma bibliothèque, la cohorte impressionnante des livres de Jean. Lui-même disait qu’il ne savait pas très bien combien il en avait fait… Il n’est pas de legs plus précieux que celui-ci. J’aurai l’occasion, dans un article de la revue Terre et Peuple, d’évoquer certains souvenirs personnels concernant la rédaction de certains d’entre eux. Mais tous, à des titres divers, ont eu vocation à faire vibrer des échos chez les âmes ardentes. Combien de jeunes garçons et de jeunes filles ont entendu l’appel de la voix des ancêtres en lisant un livre de Jean ? En cela, mais aussi en bien d’autres façons, il aura été un éveilleur. « Eveilleurs de peuples ». C’est lui qui a trouvé cette magnifique formule pour désigner ceux qui, un jour, dans un pays, ont appelé leur peuple à la vie : « Lève-toi et marche ! ». Par l’écriture, par la parole, par l’action.
Bien sûr nous avons un immense chagrin. Le coup a été rude. Mais nous n’avons pas le droit de nous murer dans notre tristesse. Car là où il est les seuls mots qu’il veut entendre sont : LE COMBAT CONTINUE. Son combat. Notre combat. J’avais un camarade ? Non. J’ai un camarade. Jean Mabire PRESENT.
Pierre Vial
Au-delà de Jean Mabire
Philippe Randa
(écrivain et éditeur, fondateur du site www.dualpha.com)
Depuis mercredi dernier, 29 mars, Jean Mabire n’est plus parmi nous. Mais il est toujours bel et bien vivant… là-bas !
Et un jour, Jean Mabire mourut. Ce sont là des choses qui arrivent…
Il fut enterré comme il l’avait désiré, c’est-à-dire en haut d’une falaise normande surplombant la mer, battue par les vents, sous le fracas d’une mer déchaînée. Sa famille, ses amis furent très malheureux de sa disparition, mais satisfaits qu’il reposât en un tel endroit.
Qu’advint-il de l’âme de Jean Mabire ? Eh bien, elle gagna d’abord le paradis. Le paradis, eh oui !
*
* *
Quand l’information tomba sur le télescripteur privé du Vatican, le pape, en représentant de Dieu avisé, confisqua la dépêche afin que personne ne le sût.
— Comment ? Cet adorateur de la Vouivre au royaume des cieux, c’était impossible !
Le pape vérifia s’il s’agissait bien de l’auteur de Thulé, le soleil retrouvé des Hyperboréens, de Solstices, histoire et actualité (avec Pierre Vial), des Dieux Maudits et de quelques autres livres aussi scandaleux.
C’était bien lui !
« Mabire Jean, né le 8 février 1927 à Paris, marié en 1952, veuf en 1974, père d’Halvard, de Nordahl et d’Ingrid, remarié en 1976… Ayant successivement habité Cherbourg, Évreux, Caen, Chevry II dans la région parisienne, résidant depuis 1982 à Saint-Servan-sur-Mer en Bretagne ».
Le pape, fort contrarié, lut quelques lignes de l’introduction des Dieux Maudits : « À la religion des autels et des livres, comment ne pas préférer la croyance aux bois et aux sources ? Le Nord, pour moi, c’était d’abord la nature. La terre contre l’au-delà, si l’on veut. Et la poésie contre le décalogue ».
Le pape ferma vite le livre et le jeta dans sa cheminée. Une feuille glissa des pages de l’ouvrage avant qu’il ne soit happé par les flammes. C’était un article photocopié consacré à Jean Mabire.
« Notre religion, persistait-il avec impudence, se veut d’abord culte des héros, des guerriers et des athlètes. Nous célébrons, depuis les Grecs, les hommes différents et inégaux. Notre monde est celui du combat et du choix, non celui de l’égalité. L’univers n’est pas une fin, mais un ordre. La nature diversifie, sépare, hiérarchise. L’individu, libre et volontaire, devient le centre du monde. Sa plus grande vertu reste l’orgueil – péché suprême pour la religion étrangère. Dans notre conception tragique de la vie, la lutte devient la loi suprême. Est un homme véritable, celui qui s’attaque à des entreprises démesurées ».
— Cet auteur a la nostalgie d’un univers dont il descendrait, murmura le pape en secouant la tête avec colère et en froissant l’article qui atterrit à son tour dans l’âtre. Un univers où la force, l’inégalité, le paganisme régneraient. Quelle abomination, Jésus, Marie, Joseph…
Il se signa précipitamment et alla se coucher. À chaque jour suffit sa peine !
Cette nuit-là, le pape dormit fort mal : de petits diablotins aux cheveux blonds tressés, aux yeux bleus, aux moustaches et barbes fournies, coiffés de casques à cornes, vêtus de cuir et de fourrure, armés d’épées, de lances ou d’arcs, venus du septentrion dans des drakkars, buvant, riant, paillards et tonitruants, peuplèrent sa nuit de cauchemars…
À l’aube, il contacta Saint-Pierre pour le mettre en garde, mais celui-ci, à qui on ne la faisait pas, avait interdit à « la bête » l’entrée du Royaume des innocents.
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* *
Jean Mabire avait longtemps pratiqué le camping. Heureusement pour lui, puisque indésirable au Paradis, il avait dû passer sa première nuit de mort à (au-dessus de, plus précisément) la belle étoile…, mais lui, alors que des hordes vikings assaillaient le pape, dormit magnifiquement bien. S’il se réveilla tôt, c’est parce qu’il en avait l’habitude sur Terre.
Saint-Pierre, après lui avoir refusé d’intégrer le troupeau du Seigneur, lui avait conseillé, au vu de sa carte d’identité, d’aller voir le Roi des Français et sa maîtresse Marianne.
Jean Mabire se rendit donc auprès d’eux, mais ceux-ci, pourtant peu regardants sur le passé de leurs sujets et citoyens, se méfièrent et voulurent consulter son dossier avant de l’accepter ou non.
Moins d’un quart d’heure après, Jean Mabire fut prié de déguerpir.
— Quel toupet ! s’irrita le Roi Français, après son départ… Lui qui a fondé Viking, cette revue normande de sinistre mémoire qui, en une trentaine de numéros, a tenté (et malheureusement en partie réussi) à redonner vie à l’identité normande. Tu te rends compte, Marianne… Avec cet iconoclaste, c’est la Normandie héroïque qui réapparaissait, celle de Rollon, des drakkars, de Guillaume le Conquérant. Celle où l’on traçait des runes et où l’on allumait des feux aux solstices.
— Nous l’avons échappé belle, soupira Marianne.
— La France n’a que trop souffert des agissements de Jean Mabire. Écoute ce qu’a été sa vie « au service de la Normandie » (et non de l’État) : en 1954, il fonde un atelier d’art graphique, Les imagiers normands, qui produira surtout des dépliants touristiques. Ensuite, son complice Pierre Godefroy le fait entrer à La Presse de la Manche où il se partage entre les grands reportages et le train-train du journalisme quotidien. Il n’y a pas trop mal réussi, en plus ! Il avait le « contact » avec le public populaire, le seul qui l’intéressait… Tu te rends compte !
Marianne frissonna de dégoût en répétant :
— Public populaire, peuh…
— Et, en 1968, alors que la France est en pleine chienlit, tu sais ce qu’il fait ? Eh bien, toujours avec son complice Godefroy, le député de Valognes, il lance un mouvement régionaliste, l’Union pour la Région Normande, qui donnera quelques mois plus tard, naissance au Mouvement Normand. Là-dedans, il a le sentiment de « se trouver à l’aise ». Ah, le coquin ! Le… Le… Le mauvais Français !
— Et tous ces livres, fit remarquer Marianne. Vikings en Normandie, Histoire de la Normandie, Pêcheurs du Cotentin… ces collaborations occasionnelles à Heimdal, Vikland, Haro, Hellequin…
— Je me rappelle avoir feuilleté son Histoire secrète de la Normandie, grommela le Roi… On y découvrait à chaque page qu’il existait, bien plus encore qu’une nation normande, un esprit normand, et qu’il est sans doute indestructible, même s’il reste souvent mystérieux, caché comme un trésor enfoui dans les âmes depuis les âges tumultueux.
— On devrait détruire ses ouvrages.
— Tu as raison, Marianne… Détruisons, détruisons !
Ils se mirent à déchirer avec rage les volumes et les revues que contenait le dossier.
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Jean Mabire, deux fois indésirable, arriva à un carrefour. Plusieurs directions s’offraient à lui. Il ajusta ses petites lunettes carrées, lut sur un panneau : Champ d’honneur, 1, 5 km et décida de s’y rendre. Le champ d’honneur était, bien évidemment, la partie de l’Au-delà réservée aux militaires. Tous n’étaient pas morts les armes à la main, bien sûr, mais, renseignement pris, Jean Mabire sut qu’on y acceptait également les soldats qui s’étaient courageusement battus. Il fut accueilli par un général qui passait son temps à jurer. Coup de chance, il terminait justement la lecture de son livre consacré aux Chasseurs Alpins.
— Votre bouquin est magnifique, Mabire, Nom de nom ! Oui, bravo ! Vous êtes mort, quel dommage pour les vivants. Pour nous, quelle chance. Vous restez chez nous, j’espère ? Au champ d’honneur, nous sommes une grande famille. Celle des soldats, nom de Dieu !
— Eh bien, c’est gentil, remercia Jean Mabire.
— Bon, dites, y’a des formulaires à remplir pour votre incorporation. C’est l’Armée, ici, foutre Dieu ! Allez, au rapport !
— J’ai fait des études secondaires au Collège Stanislas, obtenu mon baccalauréat philo-lettres, puis j’ai été élève de l’École Nationale Supérieure des Métiers d’Art.
— Bon, bon, passez, le coupa le général… Les études, c’est bien, l’Armée, c’est mieux.
— En 1945, quand la guerre se termine, j’ai exactement l’âge de mon père en 1918, à la fin de l’autre guerre qu’il n’a pas eu la « chance » de faire, alors que ses trois frères amés sont « morts pour la France ». J’ai l’impression d’être un peu frustré d’une expérience qui a constitué tout le cadre sentimental de mon enfance. Ma seule vocation, constante jusqu’en 1940 : être explorateur et officier (c’est-à-dire que je préparais Saint-Cyr), puis entrer dans l’infanterie coloniale ou la Légion. J’aurai bien aimé la Marine, mais j’étais nul en maths… De toute façon, en 4, il n’y avait plus de place pour ces rêves. J’ai effectué mon service militaire d’octobre 1950 à octobre 1951, à l’École des Troupes Aéroportées à Pau. J’ai mon brevet de parachutiste. J’en suis sorti aspirant au 1er Bataillon Parachutiste de choc à Montauban et j’étais sous-lieutenant de réserve.
— C’est bien, ça, mon gars… Nom de Dieu, on les aura ! Continuez, lieutenant Mabire !
— La guerre d’Algérie m’a saisi brutalement, sous la forme d’un rappel sous les drapeaux. J’avais oublié que j’étais lieutenant parachutiste de réserve. La République, elle, s’en était souvenue. Rappelé en octobre 1958 pour un an en Algérie, au Centre d’Entraînement à la Guerre Subversive, à Philippeville, j’ai été affecté au 12e Bataillon de chasseurs alpins…
Les chasseurs en avant, l’artilleur au milieu,
Les biffins, les biffins en arrière,
Les chasseurs en avant, l’artilleur au milieu,
Les biffins, les biffins à la queue…, chantonna le général. Ah, bordel de merde, c’était l’bon temps !
— C’est vrai mon général, reconnut Jean Mabire… Bon, donc je me suis retrouvé dans la zone Est-Constantinois, en opération entre le barrage (ligne Morice) et la frontière algéro-tunisienne. Au printemps 1959, je suis Chef du Commando de Chasse (20 Européens et 40 musulmans). J’ai commandé provisoirement une compagnie et le sous-quartier de Toustain lors de la construction du Barrage-Avant, avant d’être démobilisé en octobre 1959 comme capitaine de réserve.
— Et les décorations ?
— J’ai la Croix de la Valeur Militaire, la Croix du Combattant, la Médaille commémorative des opérations de maintien de l’ordre en Algérie, mon général.
— Ah, c’est bien tout ça, merde alors ! Je signe votre incorpo…
À ce moment-là, un jeune bidasse survint. Il se fendit d’un magnifique salut militaire au général, lui remit un message et une cantine de fer, puis s’en alla.
Le général lut rapidement les deux feuillets, jura copieusement, et releva un visage furieux vers Jean Mabire :
— Dites Donc, grommela-t-il, vous ne m’avez pas tout dit… J’apprends que vous avez fricoté avec des révolutionnaires ? Vous vous êtes bien gardé de m’en parler, espèce de… Vous avez collaboré à L’Esprit Public, à Europe-Action et à Éléments ! Vous vous déclariez, à l’époque, « Socialiste européen » et pas du tout « Nationaliste français ».
— Cela m’a valu quelques inimitiés.
— Il y a de quoi ! D’ailleurs, vous qui aviez la chance de collaborer à des revues bien françaises, intelligentes et propres – si, si, c’est un militaire qui vous le dit – je veux parler de Valeurs actuelles et de Spectacle du Monde, ça n’a pas duré… Et ensuite, vous avez travaillé à Minute sans enthousiasme. Saboteur ! Vous en êtes parti. Tant mieux !
Il ouvrit la cantine de fer, en sortit plusieurs livres signés Jean Mabire…
— Et qu’est-ce que c’est que ces ouvrages sur les fridolins ? Brigade Frankreich, Division Charlemagne, Mourir à Berlin, Les panzers de la Garde Noire, Les jeunes fauves du Führer, Division et Panzerdivision Wiking, Nordland, Mourir pour Dantzig, Les SS au poing de fer, Panzer SS dans l’Enfer normand… Et ceux-là sur la LVF !
Traumatisé par cette découverte diabolique, le général fixait avec horreur le criminel.
— Ce ne sont pas des livres con-ve-na-bles, Mabire. Vous mériteriez d’être collé contre le mur, salopard !
— Je suis déjà mort, fit remarquer Jean Mabire.
— Et puis, insolent avec ça !
Le général reprit la lecture du rapport :
— Et là, celle séance de dédicace chez les Rouges, à la « Fête de L’Huma » ! Quelle horreur ! Ah non, c’en est trop !
— Mes chroniques de journaliste ont toujours irrité beaucoup de monde, reconnut Jean Mabire. Je n’ai pas été du tout un animal politique. Je ne suis pas arrivé à m’intégrer dans une tendance, une chapelle étroitement définie. Je n’ai jamais pu renoncer à ce que j’étais. Pour les extrémistes de droite, j’étais une sorte de communiste. Pour ceux de gauche, un fasciste, un raciste borné. Il n’y avait rien à faire.
— Eh bien, tant pis pour vous. Chez nous il n’y a pas de place pour quelqu’un comme vous. Allez voir ailleurs !
Fataliste, Jean Mabire tourna les talons. Le général alluma immédiatement un grand feu avec l’affreuse littérature de ce coco-là.
*
* *
Il était l’heure de déjeuner et Jean Mabire chercha un lieu où il pourrait se restaurer. Il avisa un grand bâtiment et s’en approcha, mais on si on y servait des nourritures, celles-ci n’étaient que spirituelles. Il s’agissait de l’Académie littéraire de l’au-delà.
« Au fait, pourquoi pas ! songea-t-il ; j’y ai quelque droit, tout de même ! Avec tout ce que j’ai écrit de mon vivant. »
Il frappa, on lui ouvrit et il expliqua à une dame maigrelette au visage rehaussé d’un volumineux chignon qu’il aspirait à être admis en cet endroit.
— Quelles sont vos références ? couina la dame.
— J’ai écrit des livres.
— Combien ?
— Une centaine environ… et beaucoup d’articles aussi.
— Combien ?
— Quelques milliers d’articles, je n’ai pas vraiment fait le compte. Et j’ai aussi dirigé des encyclopédies.
— Combien ?
— Je n’ai pas davantage fait le compte… Et puis j’ai également été critique littéraire.
Le visage de la maigrelette s’éclaira :
— Ah ! Que ne le disiez-vous plus tôt ! Nous, les écrivains, à l’Académie de littérature, on n’aime pas trop. Mais ceux qui les critiquent, eux oui, sont des gens qu’on adore. J’ai toujours pensé pour ma part que dans la Vie, on ne devrait autoriser que les critiques littéraires et interdire les écrivains. Ceux-là sont rien qu’des inutiles !
Elle ouvrit toutes grandes les portes de l’Académie littéraire à Jean Mabire qui entra, un peu interloqué par une telle déclaration.
Il suivit la paire de fesses osseuses à travers un long couloir jusqu’à un bureau poussiéreux, décorés de tableaux hideux. La dame le fit asseoir dans un profond fauteuil où il s’enfonça.
— Votre nom déjà, c’est comment ?
— Euh, Mabire… Jean Mabire !
La dame maigre pianota le clavier d’un ordinateur. Elle chercha et… trouva !
— Voilà : Mabire Jean, chroniques littéraires ! Ah, je sens que je vais me régaler à lire toutes les vérités que vous avez assénées sur les livres des… des… (avec un ton dédaigneux) écrivains !
Son régal tourna court. Non point lorsqu’elle découvrit que nombres des articles de Jean Mabire étaient parus dans National Hebdo (elle ignorait ce qu’était cet hebdomadaire), mais en parcourant un commentaire lapidaire qui décrivait l’esprit des chroniques littéraires rassemblées en volume sous le titre Que lire ?
— Quoi ? Vous… Vous cherchiez toujours ce qui était « bien » chez un écrivain ? Vous… vous ne préoccupiez pas des opinions politiques des auteurs, même lorsqu’elles n’étaient pas les vôtres ? Et… quel que soit l’auteur dont vous parliez, vous vouliez donner ENVIE de lire cet auteur ? Mais…
Elle le regarda avec un profond dégoût :
— Mais vous n’êtes pas un vrai critique littéraire ! Un vrai critique littéraire doit dégoûter les lecteurs de lire les écrivains, pas le contraire. On ne doit lire que les critiques des livres, pas les livres eux-mêmes, qu’est-ce que c’est que ça ! Et vous vouliez votre place à l’Académie littéraire ?
Elle s’était dressée, rouge de colère :
— Me faire perdre mon temps ! Avec tout l’travail que j’ai ! De…
… hors ! Oui, Jean Mabire avait compris !
*
* *
Le païen n’avait pas sa place au paradis. L’auteur normand ne pouvait prétendre passer sa mort auprès du Roi des Français et de sa compagne Marianne… Le révolutionnaire européen, les militaires n’en voulaient pas. Quant au chroniqueur littéraire, il avait échappé de peu au bûcher des sévères gardes-chiourmes de la République des lettres !
Jean Mabire, qui avait une longue habitude terrestre de ce genre de tracas, ne se démoralisa pas. Et puis, toute sa vie, il avait cherché L’Ultima Thulé, persuadé que si les hommes voulaient un jour retrouver le monde des Hyperboréens et devenir semblables aux Dieux, c’est vers le Nord qu’ils devaient border les voiles et souquer ferme sur les avirons. À la rencontre du Septentrion et de l’Occident ne meurt plus le soleil.
Alors, une fois dans l’Au-delà, et puisqu’il était rejeté de certaines communautés où, il est vrai, il n’avait guère sa place, il lui fallait continuer à chercher les siens vers le Nord.
Il marcha longtemps, très longtemps et arriva bientôt dans une partie éloignée de l’Au-delà. Aucune indication ne permettait de l’identifier, mais Jean Mabire sut qu’il n’était pas arrivé là par hasard… et que cette lande qui s’étendait devant lui pouvait rester secrète pour ceux qui n’étaient pas dignes d’y entrer.
Il y faisait froid, y pleuvait… Jean Mabire entendit d’abord une sirène, reconnut une corne de brume, continua d’avancer, fut bientôt entouré de brouillard…
Alors retentit un grondement. Il reconnut sans peine les huit sabots du cheval Sleipnir, monté par son maître Odin qui menait inlassablement sa Chasse sauvage.
Un cri de joie lui échappa :
— La Lande des païens, enfin !
Au même instant, un grand gaillard qui boitait bas s’approcha de lui.
— Ah, vous voilà, Maître Jean !
Il reconnut immédiatement Godefroy de Harcourt, seigneur de Saint-Sauveur-le-Vicomte… Héritier des Vikings, descendants de Bernard le Danois, compagnon de Rolf le Marcheur, ce champion de l’indépendance normande lui avait inspiré une saga. Godefroy le Boiteux, capable de faire face jusqu’au bout à un destin tragique, avait sa vraie place parmi les grandes figures solitaires et inflexibles du monde nordique.
— Nous vous attendions, dit-il. Soyez le bienvenu.
Ils marchèrent côte à côte quelques kilomètres, quand brusquement éclata un tir d’artillerie.
— Les voilà qui recommencent ! jura Godefroy.
— Qui ? interrogea Jean Mabire.
— Les paras de la 82e Airborne All American et les SS de la Götz von Berlichingen. Ils font un Kriegspiel quasiment tous les jours.
Ils arrivèrent à un immense château à l’intérieur duquel un banquet avait lieu… Parmi les invités qui festoyaient dans une ambiance joyeuse, buvant et mangeant « comme il sied à de fortes natures. À pleine gorges belles dents », l’on voyait, mélangés les uns aux autres : ducs de Normandie et généraux du Diable, chasseurs alpins et parachutistes allemand, seigneurs de la guerre, samouraïs, fusiliers marins de Dixmude, Européens morts assiégés par les Boxers à Pékin, soldats du front de l’Est et maquisards de la Compagnie Stéphane… Le capitaine Ernst Röhm conversait avec le baron Roman von Ungern-Sternberg, le chef de bataillon Erwan Bergot et les généraux Jacques Faure, Jean Vallette d’Osia et Léon Degrelle, tandis que Jean Prévost et Robert Brasillach riaient ensemble de ce que leur racontait Christian de La Mazière.
Ce fut Drieu la Rochelle qui s’écria, en voyant le nouveau venu :
— Ah, Mabire parmi nous !
Ce texte et le cahier photos qui l’accompagnait, ont été publié la première fois en 1987 dans une édition de luxe, à tirage limitée à 1 000 exemplaires, du roman de Jean Mabire Les paras perdus. J’ai seulement ajouté quelques pages consacrées à son œuvre de critiques littéraires… et quelques noms tout à la fin de ce texte.
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