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C’est un mauvais film de série B. Comme chaque matin, ce 5 septembre vers 6 heures, Saïd se rend à son travail à Saint-Priest-en-Jarez.
A un feu rouge dans le quartier de Fourneyron, il est apostrophé par un couple.
Sous la menace dit-il, d’une paire de ciseaux, l’homme s’installe à l’avant, la femme à l’arrière. Le couple l’oblige à prendre l’autoroute en direction de Lyon.
Il y aura un premier arrêt pour acheter de l’alcool, puis un second vers Gerland. Saïd tente une première fois de s’échapper mais la femme tire le frein à main pour l’empêcher de démarrer. Le trio poursuit sa route, fait une courte pause à Lyon où la femme récupère des vêtements avant de revenir sur Saint-Etienne.
À Saint-Romain-en-Gier, nouvel arrêt. Mais là, Saïd profite d’une altercation entre l’homme et des chauffeurs routiers pour se réfugier derrière la caisse et demander des secours (notre journal du 9 septembre). Le couple parvient à s’enfuir en volant de la voiture de leur victime, le véhicule qui sera retrouvé quelques jours plus tard à l’Horme.
Les deux suspects, interpellés quelques jours plus tard, tombent des nues. Lors d’un contrôle de policiers alertés pour un différend conjugal, Bara Akkar, vu en possession de ciseaux, a donné un faux nom. Et pour cause… L’homme, condamné à quinze reprises pour des vols et des violences, a profité d’une permission de sortie pour ne pas réintégrer la maison d’arrêt de Villefranche. À la barre du tribunal, le couple, détenu, donne sa version. Pour Bara Akkar, « Saïd est une vieille connaissance. Il a proposé de nous conduire à Lyon. Après, je ne sais pas ce qui lui a pris. » Sylvie, son épouse, explique qu’elle n’est pas « du style à se mêler des histoires d’hommes. Je n’ai fait que tirer le frein à main pour ne pas laisser mon mari dans la station-service. »
Me Marie-Christine Buffard, représentant la victime, « en reste sans voix ». Enfin, presque. Elle insiste sur la fragilité d’une victime épileptique, terrorisée par cette agression et qui n’a toujours pas pu reprendre son travail. » Quatre ans ferme sont requis à l’encontre de Bara Akkar, un an dont six mois ferme contre son épouse, pour complicité. La partie est difficile pour Me Mrabent. Il avance la possibilité que la victime ait peut-être, et « sans raison, pris peur en comprenant qu’il serait en retard au travail ». Pour l’épouse, Me Salomon brossait le portrait d’une femme « écorchée par la vie, capable de protéger son mari envers et contre tout ».
Bara Akkar a été condamné à quatre ans ferme, son épouse à un an dont trois mois ferme avec maintien en détention du couple.
Le Progrès