L’élève de terminale STI s’en relèvera avec des contusions et deux côtes cassées. Le médecin des UMJ lui a prescrit dix jours d’incapacité. Agé de 17 ans, il est aussi touché sur le plan psychologique. Deux des trois jeunes en cause pourraient faire l’objet de poursuites par le parquet de Pontoise pour violences en réunion, avec une ITT de plus de huit jours. Le troisième devrait être poursuivi pour captation d’images d’atteinte à l’intégrité physique.
« Cela ressemble à du lynchage »
La scène s’est déroulée dans l’enceinte du lycée Evariste-Gallois vendredi dernier, aux alentours de 15 h 30, sur le chemin qui mène au gymnase. Un groupe de lycéens lance un « guet » (pour « guet-apens »), un de ces jeux violents de cours de récréation, l’un d’eux désignant la victime et donnant le départ. Une dizaine de personnes selon l’inspection académique, une vingtaine selon d’autres sources, sont alors tombées sur l’élève visé, le frappant violemment. L’un d’eux, un féru de photographie qui ne se sépare jamais de son appareil photo numérique, a filmé la scène de violence qui se déroulait sous ses yeux. Patrick Badaire, président de l’association locale et indépendante de parents d’élèves, envisage de mener une action pour mettre un coup d’arrêt à la violence. « Le guet, ils ont l’habitude de le faire, mais jusqu’à présent cela ne dépassait pas certaines limites, commente-t-il. Ils en restaient à des tapes dans le dos. Cette fois, cela a totalement dérapé. Pourtant, c’est un lycée qui ne se fait pas remarquer, qui vit de manière calme et normale. On est vraiment dans le domaine de l’exception. Raison de plus pour mettre tout de suite le holà. A quinze ou vingt contre un, ce n’est même plus de l’agression, cela ressemble à du lynchage… »
A la sortie de l’établissement, hier, une enseignante confiait que l’ambiance était plus tendue que d’habitude, depuis la rentrée. « C’est difficile. Le lycée est très grand et délicat à surveiller, explique-t-elle. Nous demandons un troisième CPE ( conseiller principal d’éducation).
La personne partie à la retraite n’a toujours pas été remplacée… » Côté inspection académique, on précise qu’une enquête interne était menée en parallèle à l’enquête judiciaire et qu’elle donnerait lieu, le cas échéant, au passage devant le conseil de discipline des élèves en cause.
Alain Boissinot, recteur de l’académie de Versailles, a dénoncé hier « avec la plus grande fermeté » cette forme de violence.
Le Parisien
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