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Arrivée en tête des élections législatives en Lituanie il y a quinze jours, l'opposition conservatrice espère renforcer sa position lors du second tour de dimanche afin de pouvoir diriger le pays.
En Lituanie, 70 des 141 députés sont désignés à la proportionnelle mais 71 sont élus selon un scrutin majoritaire à deux tours. Seulement 3 députés ont été élus directement au 1er tour.
Lors du premier tour, les conservateurs dirigés par l'ancien Premier ministre Andrius Kubilius ont obtenu 19,72% des suffrages exprimés et gagné 18 sièges. Selon les sondages, ils pourraient en définitive en obtenir une cinquantaine, le double de ce qu'ils possèdent aujourd'hui au parlement, notamment grâce à un électorat fidèle et une campagne électorale centrée sur les réformes économiques et les valeurs familiales traditionnelles.
L'argument des réformes est porteur car l'économie lituanienne traverse des perturbations depuis le début de l'année et commence à subir les contrecoups de la crise financière mondiale.
Les prix de l'énergie devraient grimper dans les prochains mois. Le chômage augmente également. La banque centrale a récemment publié des prévisions à la baisse et table pour l'année 2009 sur une croissance de seulement 1,2% et un taux d'inflation de 6,9%.
Le premier tour des élections a été également marqué par la déroute des sociaux-démocrates au pouvoir depuis 2001. Le parti LSDP du Premier ministre sortant Gediminas Kirkilas n'était arrivé qu'en quatrième position (11,72% des voix et 11 sièges) dernière le surprenant Parti de la résurrection nationale et le parti populiste Ordre et Justice (12,68% et 11 sièges) de l'ancien président Rolandas Paksas, destitué en 2004 pour une affaire de corruption.
Mais même si les conservateurs remportent, ils seront encore loin de la majorité absolue au parlement monocaméral.
Comme depuis le retour de la Lituanie à l'indépendance en 1991, c'est une coalition de plusieurs partis qui formera le nouveau gouvernement.
Le nouveau venu sur la scène politique, Parti de la résurrection nationale pourra y jouera un rôle-clé. Emmené par Arunas Valinskas, producteur d'émissions de téléréalité et animateur de l'équivalent lituanien de "Qui veut gagner des millions?", le parti a causé une véritable surprise du premier tour en arrivant en seconde position avec 15,09% des suffrages et 13 sièges.
Présenté par des analystes comme une formation sans l'idéologie ni programme, il dispose d'une liberté totale pour rejoindre tous les camp politiques.
Créé au printemps, le Parti de la résurrection nationale, qui entend réhabiliter la politique et le respect de l'état de droit, a attiré de nombreux électeurs protestataires.
Dès le premier tour, des discussions ont été entamées entre les conservateurs, le Parti de la résurrection nationale et les libéraux-centristes, menés par l'ancien maire de Vilnius Arturas Zuokas.
Les analystes parient sur cette configuration, en estimant qu'elle pourrait détenir 80 sièges au parlement. Mais elle pourrait être provisoire.
Dans six mois, les Lituaniens devront élire leur nouveau président. Le gouvernement sera alors obliger de démissionner, et le nouveau chef du gouvernement pourrait être de la même orientation politique que le futur président.