Sergei Belikov est avocat à Moscou. Il a écrit plusieurs livres sur le nationalisme en Russie, dont un est paru en 2002, "Les crânes rasés".
Le mouvement ultranationaliste en Russie est organisé autour de groupuscules. Il n'y a pas de véritable leader. La plupart des noms qui ressortent sont ceux de leurs héros, des néo-nazis jugés, inculpés ou décédés. Il est vrai que ces mouvements se sont réveillés ces deux dernières années mais ils sont pour le moment relativement bien contrôlés par les autorités et les services secrets. On peut expliquer cette recrudescence par l'augmentation du coût de la vie dans les grandes villes ; les slaves sont de plus en plus nombreux à vivre très difficilement. Le taux de natalité de cette frange de la population est assez faible, et les néo-nazis jouent sur cette peur de la disparition de la race blanche au profit d'autres communautés.
Ces actes de violences montrent qu'aujourd'hui ces groupuscules sont prêts à tout. Ils n'ont plus rien à perdre. On retrouve le mode d'action des groupes terroristes dans des actes comme l'explosion sur le marché de Tcherkizovo à Moscou qui avait fait 14 morts en août 2006. Certains commencent à se fournir en explosifs et récupèrent des spécialistes comme des anciens militaires qui ont fait la Tchétchénie. Si cela continue, ils pourraient vraiment organiser des agressions systématiques contre certains groupes de personnes.
Les mouvements ultranationalistes ont été évincés peu à peu du pouvoir politique. Les autorités s'inquiétaient qu'ils prennent une place trop importante en tant qu'opposition.C'est dommage parce que la création d'une partie politique aurait pu forcer une certaine modération du discours. "