A QUELQUES heures de mettre un point final au procès des trois jeunes impliqués dans la mort de Sid Ahmed Hammache, cet enfant de 11 ans tué en juin 2005 d’une balle en plein coeur à La Courneuve, un coup de théâtre a plongé la cour et les jurés d’assises de Bobigny dans l’incertitude. Salah Ben Faïza, 22 ans, qui comparaît pour tentative d’assassinat, a dû être hospitalisé, puis opéré d’urgence d’un probable kyste au niveau du dos, peut-être lié au pneumothorax dont il souffre depuis un accident de moto.
Suspendue hier matin après la plaidoirie du second avocat de Salah, tandis qu’un médecin examinait le jeune homme pris d’un malaise, l’audience a été levée lorsqu’un second médecin a décidé de le faire hospitaliser et opérer sous anesthésie générale, dès le début d’après-midi.
Pour la famille de l’accusé, sa défaillance était prévisible. « Toute la semaine, il a eu mal. A la maison d’arrêt, ils l’ont seulement palpé dans le dos, en affirmant que ce n’était pas grave du tout ! » dénonçait ainsi Chérif, l’un des frères de Salah.
Le procès suspendu jusqu’à lundi Le président, Jean-Pierre Getti, a ajourné les débats à lundi. Il a également ordonné une expertise médicale et c’est désormais de la rémission de Salah, en marge de cette expertise, que dépend l’issue des dix jours d’un procès au terme duquel l’avocate générale avait requis, lundi, quinze ans de réclusion criminelle contre chacun des accusés.
Lundi prochain, le président Getti aura deux possibilités : si Salah est rétabli ou du moins assez vaillant pour assister à l’ultime journée de son procès, entendre la plaidoirie de M e Forster pour Mahmoudou Mhadjou, et prendre la parole une toute dernière fois, alors l’audience reprendra « normalement » et les jurés rendront leur verdict dans la journée. Si les médecins estiment Salah trop faible, la cour pourrait disjoindre son dossier de ceux de ses coaccusés. Mohamed Ben Faïza et Mhamoudou Mhadjou seraient jugés, pour Salah, il faudrait tout recommencer… Une hypothèse difficile à imaginer, tant paraît intimement liée l’histoire des trois hommes, considérés comme égaux dans le crime par l’avocate générale.
Les deux avocats de Salah Ben Faïza, David Missistrano et Jean-Louis Pelletier, qui avaient demandé l’acquittement de leur client quelques minutes avant sa crise, s’en remettent aux médecins et attendent « d’en savoir plus ».
Ils entendent notamment éclaircir pourquoi « lorsque Salah s’est plaint de ces douleurs, à la maison d’arrêt de Villepinte, rien ne semble avoir été détecté ».
Le Parisien