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A l'issue de ces deux jours d'échanges, émaillés d'échauffourées entre les forces de l'ordre et des manifestants opposés à la politique européenne d'immigration, M. Hortefeux a expliqué, en présentant des "mesures concrètes", comment il entend "relever le défi de l'intégration" auquel sont confrontés selon lui tous les pays de l'Union.
Pour lutter contre "ghettoïsation et la communautarisation", le ministre entend aussi mettre l'accent sur l'apprentissage de la langue. A compter du 1er décembre, comme le stipule le décret paru le 1er novembre en application de la loi de novembre 2007, tout nouveau migrant devra se soumettre, dans son pays d'origine, à une évaluation de sa connaissance du français et une formation le cas échéant avant de venir en France. Aussi, les immigrés déjà présents sur le territoire qui n'ont pas bénéficié de ces programmes se verront-ils proposer une "école des parents" pour améliorer leur français et les "aider à éduquer (leurs) enfants". Cette initiative doit démarrer dès le 12 novembre, dans 12 départements et 47 collèges et lycées. Aux mêmes fins, les parents dont les enfants bénéficient du regroupement familial devront signer à compter du 1er décembre un "contrat d'accueil et d'intégration familial".
Pour M. Hortefeux, "la politique d'intégration repose sur un équilibre entre les droits et les devoirs des migrants". Cette conception a conduit son ministère à recentrer sa politique sur l'admission des nouveaux arrivants sur le territoire. Mais les nouvelles priorités se traduisent, selon de nombreux spécialistes de l'intégration, par un désengagement de l'Etat dans les associations qui accompagnent ensuite les migrants dans la vie quotidienne et culturelle. Les crédits alloués au programme "intégration et accès à la nationalité française" passent de 195 millions d'euros en 2008 à 78 millions d'euros dans le projet de loi de finances pour 2009.
En matière d'emploi, la loi de 2007 a rendu obligatoire un bilan de compétences dans le cadre du contrat d'accueil et d'intégration. Mais la mesure ne semble pas à la hauteur des enjeux. De plus en plus qualifiés, les immigrés demeurent pourtant deux fois plus touchés par le chômage. Selon une enquête de l'Insee rendue publique le 31 octobre, le niveau de qualification de la population immigrée croît en France. En 1990, seuls 12 % des immigrés actifs âgés de 30 à 64 ans possédaient un diplôme de l'enseignement supérieur. Ils sont 25 % en 2007, soit une proportion qui se rapproche de celle des actifs non-immigrés. Dans le même temps, la part de ceux qui ne disposent d'aucun diplôme a baissé, passant de 53 % à 37 %.
Mais le taux de chômage des immigrés reste le double de celui des non-immigrés : 15,2 % contre 7,3 % en 2007. Même à catégorie socioprofessionnelle équivalente et à diplôme égal, les immigrés actifs demeurent plus souvent sans emploi. Le taux de chômage des immigrés diplômés de l'enseignement supérieur est près du triple de celui des autres actifs de niveau équivalent.
Le Monde