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Fin de partie pour Jacquy Haddouche, 45 ans, condamné en 2007 à trente ans de réclusion avec une peine de sûreté de 22 ans par la cour d’assises de la Loire. Hier, contre toute attente, il s’est désisté de son appel en « acceptant » du bout des lèvres un verdict qu’il avait jusqu’alors contesté. Sans opposition du parquet et de la partie civile, la cour a donc pris acte de ce revirement tardif et renvoyé les jurés à leur foyer. Ainsi que les témoins et les forces de l’ordre. Haddouche aura attendu le dernier moment mais au final le père de la victime découverte assassinée dans son appartement du cours Fauriel en juillet 2002 s’est dit « soulagé. » D’une part parce que le meurtrier de son fils reconnaît explicitement être l’auteur du crime mais aussi parce qu’il redoutait ces trois jours avec toutes les résurgences d’un passé douloureux.
Le choix de Haddouche d’éviter une nouvelle confrontation avec la justice lyonnaise tient peut-être au fait qu’en mai dernier, il a été condamné à la prison à perpétuité par la cour d’assises de Beauvais pour deux autres crimes de sang perpétrés en 1992 et en juin 2002 dans cette même ville, dont le dernier sur une personne âgée de 73 ans découverte trucidée et dépouillée dans son petit appartement. Juste un mois avant l’agression stéphanoise et à peine six mois après la sortie de prison de Jacquy Haddouch. Un personnage presque fantomatique décrit par les experts comme un psychopathe dont la personnalité s’est construite sur un mode immature et égocentrique. N’hésitant pas à se faire passer soit pour un policier ou un kinésithérapeute pour approcher ses victimes, il prenait soin de dissimuler les traces de son passage sur les lieux de son forfait. À son actif également, des viols et tentatives, des agressions, son errance le conduisant de gares en gares. C’est d’ailleurs à celle de Nîmes que le voyage s’est achevé en 2003 pour celui qui prenait le chemin et l’habit d’un serial killer à la française. Arrêté pour une basse affaire de dégradations, il a été confondu dans l’affaire de Saint-Etienne, puis pour les deux autres crimes de la région Nord ainsi que d’un viol commis à Boulogne en 1995. Trois crimes à ajouter aux 13 condamnations antérieures.
Le Progrès