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L'annonce de la première récession des pays développés depuis 1945, prévue par le FMI pour 2009, renforçait vendredi la morosité des marchés internationaux alors que les investisseurs attendent avec anxiété les statistiques mensuelles de l'emploi aux Etats-Unis.
Alors que se multiplient les mauvais résultats d'entreprises et les plans sociaux et que les Etats bredouillent des ripostes à la crise économique, le FMI a prévu que 2009 verrait une contraction de 0,3% du Produit intérieur brut (PIB) des pays developpés, une première depuis la Seconde guerre mondiale.
Selon le FMI, tous les grands pays seront touchés par la récession: Etats-Unis (-0,7%), Japon (-0,2%), zone euro (-0,5%, dont -0,8% pour l'Allemagne et -0,5% pour la France), Royaume-Uni (-1,3%). Seule exception, le Canada devrait voir son PIB progresser de 0,3%.
Grâce aux pays émergents et aux pays en développement, l'économie mondiale devrait toutefois croître de 2,2% en 2009, selon le Fonds monétaire international. Chine, Inde et Moyen-Orient seront encore les moteurs de la croissance, mais avec des croissances plus réduites que ces dernières années.
Après de fortes baisses à New York jeudi soir et Tokyo en matinée, les Bourses européennes ont ouvert à 08H00 GMT en légère hausse, après avoir perdu entre 5 et 7% jeudi, insensibles aux nouvelles baisses de taux annoncées par les banques centrales européenne et britannique notamment.
Quelques minutes après l'ouverture des transactions, la Bourse de Londres gagnait 1,33%, celle de Paris 1,46% et celle de Francfort 0,68%, rebondissant légèrement après leurs pertes de la veille.
Jeudi, Wall Street avait perdu 4,85% et Tokyo lui a emboîté le pas pour clôturer vendredi sur un recul de 3,55%. En revanche, Hong Kong a gagné 3,3%, Séoul 3,9% et Shanghai 1,75%.
Sur le marché des changes, l'euro se stabilisait face au dollar, à 1,27 dollar en matinée en Asie.
Les cours du pétrole brut sont brièvement passés vendredi sous les 60 dollars pour le "light sweet crude" dans les échanges électroniques en Asie, alors que le Brent a sombré lui près des 52 dollars, reflet des inquiétudes sur l'état de la demande alors que les signes de récession se multiplient.
Les mauvaises nouvelles pour l'économie mondiale tombent tous les jours. Jeudi, l'Espagne a annoncé une chute de 8,8% de sa production industrielle et l'Allemagne un effondrement de 8% --bien supérieur aux attentes des spécialistes-- de ses commandes industrielles.
Vendredi, les investisseurs attendaient avec anxiété (13H30 GMT) les statistiques mensuelles de l'emploi aux Etats-Unis, après la publication alarmante jeudi d'une hausse du nombre de chômeurs indemnisés bien supérieure aux prévisions.
Autres chiffres très attendu, ceux de la production industrielle en Allemagne pour septembre (11H00 GMT) et des données sur le crédit à la consommation en septembre aux Etats-Unis (20H00 GMT). Petite lueur dans la pénombre, l'Allemagne, premier exportateur mondial, a annoncé vendredi un excédent commercial de 15 milliards d'euros, légèrement supérieur aux attentes des analystes.
Partout dans le monde, les grandes entreprises réduisent drastiquement leurs prévisions financières et annoncent des suppressions d'emplois et des baisses de leurs productions.
Le groupe électronique américain Qalcomm, le géant automobile japonais Toyota ou encore le fonds d'investissement Blackstone ont rejoint jeudi la longue liste d'entreprises ayant sabré leurs prévisions.
Le fabricant américain de jouets Mattel va supprimer un millier de postes, représentant 3% de ses effectifs, pour mieux faire face à l'une des crises économiques les plus difficiles "depuis cent ans". Toujours aux Etats-Unis, l'équipementier automobile Dana Holding Corporation a annoncé la fermeture de jusqu'à 10 usines, ce qui portera le nombre d'emplois supprimés cette année à 5.000, soit 15% de ses effectifs actuels.
Sur le plan politique, la préparation du sommet du G20 de Washington du 15 novembre s'accélère ce week-end avec un Conseil des chefs d'Etats et de gouvernements des 27 pays de l'Union européenne vendredi à Bruxelles et un sommet des grands argentiers du G20 samedi et dimanche à Sao Paulo.
Globalement, Européens et pays émergents réclament plus de régulation de la finance internationale et un rôle accru du FMI, mais ils risquent de se heurter aux Etats-Unis, réticents à toute gouvernance mondiale et que la passation de pouvoir à la Maison Blanche pourrait inciter à l'immobilisme. La présidence française de l'UE a martelé qu'elle voulait des "propositions concrètes" sur la réforme du système financier "sous cent jours" après le G20, selon un document qui devait être discuté vendredi à Bruxelles.
Berlin a fait savoir que pour l'Allemagne, le sommet de Washington devait avoir pour "objectif minimum" un accord sur "un mandat et un calendrier" pour entamer une réforme du système financier mondial.
AFP