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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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"Victime" à Marseille, "hooligan" à Madrid


Depuis le 1er octobre, la mobilisation des fans de l'Olympique de Marseille (OM) ne faiblit pas. Ce jour-là, une rencontre à Madrid face à l'Atletico, en Ligue des champions, a mal tourné. Une bataille rangée a opposé des membres d'un groupe de supporteurs marseillais, les Ultras, à des policiers espagnols. Ces derniers étaient venus leur arracher une banderole ornée d'une tête de mort, considérant qu'il s'agissait d'un symbole fasciste, interdit dans les stades. Une analyse contestée par les Marseillais. Après l'échauffourée, un supporteur de l'OM, Santos Mirasierra, un cariste de 34 ans possédant la double nationalité française et espagnole, a été arrêté et maintenu emprisonné.


Les supporteurs marseillais crient à l'injustice. Un sentiment renforcé, jeudi 6 novembre, par le réquisitoire du procureur chargé de l'affaire, qui demande une peine de huit ans de prison : quatre ans pour "désordre public", quatre autres années pour "atteinte à l'autorité publique". Il réclame également une amende de 1 200 euros pour blessure, une suspension de stade d'au moins trois ans et une suspension de ses droits civiques pendant la durée de la peine. La comparution est fixée à la première quinzaine de décembre.

L'affaire est sensible. Considéré à Marseille comme une victime, Santos Mirasierra est vu en Espagne comme un hooligan. Là-bas, ce match a fait couler beaucoup d'encre, mais pour une autre raison. L'Atletico de Madrid, à la suite de la rencontre, a été condamné par l'UEFA, l'instance dirigeante du football européen, à jouer deux matches à huis clos, sans spectateurs dans le stade, en raison de cris racistes poussés par certains de ses supporteurs. En Espagne, c'est cette sanction qui a été considérée comme une injustice, la presse sportive y voyant un acharnement de la part de Michel Platini, le président français de l'UEFA, jugé partial.

Pour le président de l'Olympique de Marseille, Pape Diouf, le réquisitoire est "totalement incompréhensible". "Ce ne sont pas les comportements des Marseillais qui ont déclenché les hostilités, affirme-t-il, mais la charge sauvage de la police espagnole, venue arracher la banderole des Ultras. Les images le montrent."

Les images en question sont les rushes de Canal+, qui a diffusé la rencontre, et les bandes vidéo des caméras du stade. Ces pièces du dossier circulent librement sur Internet. On y distingue un matraquage en règle de la police espagnole contre des supporteurs de l'OM, des jets de chaises depuis les tribunes du stade Calderon et, parmi les Marseillais faisant le coup de poing, un individu qui ressemble à Santos Mirasierra. "Santos n'a jamais eu de problème avec la police, il aime juste faire vivre la tribune", assure Christine Valette, porte-parole des Ultras. "L'erreur qu'il a commise a été de vouloir calmer le jeu en discutant avec les forces de l'ordre", argumente la responsable. Santos Mirasierra, avec sa double nationalité, est le "bouc émissaire" idéal, estime Pape Diouf.

Les autorités, en France, regardent l'affaire Mirasierra avec circonspection. Fustigeant "la léthargie de la classe politique française", Pape Diouf espère rencontrer un conseiller de Nicolas Sarkozy, alors que Bernard Laporte s'abrite derrière la complexité du dossier. "Notre inquiétude, c'est que l'incompréhension qui grandit ici autour de l'affaire se transforme en colère", prévient Christine Valette. Le 9 décembre, l'OM accueille l'Atletico pour un match retour à haut risque.

Le Monde

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