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La garde à vue des dix personnes interpellées mardi après des sabotages de caténaires SNCF a été prolongée jeudi matin, les enquêteurs tentant, face à des jeunes gens peu bavards, de prouver leur implication formelle dans ces dégradations.
Le parquet antiterroriste a prolongé ces gardes à vue de 24 heures, a-t-on appris de source judiciaire.
Susceptibles de durer quatre jours, ces gardes à vue peuvent être prolongées une dernière fois vendredi matin. Les gardés à vue ne pourront voir leur avocat qu'à la 72e heure de garde à vue.
Samedi, le parquet devra décider s'il ouvre une information judiciaire en vue de leur présentation à un juge d'instruction et d'une éventuelle mise en examen.
Interrogés dans les locaux de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), à Levallois (Hauts-de-Seine), quatre hommes et cinq femmes âgés de 22 à 34 ans se sont jusqu'ici montrés peu diserts, selon cette source.
Une dixième personne interpellée à Baccarat (Meurthe-et-Moselle), âgée de 64 ans et mère d'une des gardées à vue, est pour sa part toujours entendue à Nancy. Elle est notamment interrogée sur ses fréquentes visites à la ferme Le Goutailloux à Tarnac (Corrèze), où vivait une partie du groupe ciblé mardi par les enquêteurs dans le cadre de l'opération "Taïga".
La police antiterroriste soupçonne ces jeunes gens d'être à l'origine de cinq actes de malveillance commis le 26 octobre et dans la nuit de vendredi à samedi qui ont gravement affecté le trafic TGV.
Mais les enquêteurs ne disposent pas à ce stade de preuve formelle de leur implication, selon une source judiciaire.
Tous ont été interpellés dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte le 16 avril contre les agissements et intentions prêtés à un groupuscule de la mouvance anarcho-autonome, et non dans celui de l'enquête de flagrance ouverte sur les dégradations dont a été victime la SNCF.
L'enquête préliminaire trouve son origine dans le signalement par le FBI du chef présumé de ce groupe, âgé de 34 ans, à l'occasion d'une manifestation devant un centre de recrutement de l'armée américaine à New York et dont des proches avaient été identifiés dans les "noyaux violents" de manifestations en marge notamment de sommets internationaux.
"On n'a pas le pistolet encore fumant (de preuve irréfutable, ndlr) mais on a le canon froid", a résumé une source proche du dossier.
Premier élément: la présence de trois personnes à proximité des lieux où ont été commis les dégradations est avérée, dans la nuit de vendredi à samedi.
Lors des perquisitions, les enquêteurs ont également mis la main sur des pinces à forge, de longues barres en aluminium, du matériel d'escalade ainsi que des coupe-boulons, des gilets pare-balles, quatre cartes d'identité falsifiées et une carte du réseau ferré.
Autre trouvaille lors des perquisitions: de la documentation sur le comportement à adopter lors d'une garde à vue pour résister au mieux à la pression des policiers et sur les moyens de s'en prendre aux caténaires.
Les enquêteurs s'intéressent à un ouvrage, qu'ils attribuent au chef de ce groupe, un ancien doctorant en sociologie, intitulé "L'insurrection qui vient" et qui légitime les attaques contre le réseau ferré.
"A chaque réseau ses points faibles, ses noeuds qu'il faut défaire pour que la circulation s'arrête, pour que la toile implose", peut-on notamment lire dans cet ouvrage signé d'un "comité invisible".
AFP