Dans Europe 1 Matin avec Marc-Olivier Fogiel, Brigitte Béjean consacre sa chronique "environnement" à la fertilité masculine mise à mal par les produits chimiques ! Aujourd'hui on ne sait pas tout, mais on en sait suffisamment pour ne plus avoir de doutes. Voilà ce que disent les scientifiques.
Certains facteurs environnementaux sont clairement montrés du doigt pour expliquer au moins partiellement la baisse de la fertilité des hommes, baisse de moitié du nombre de spermatozoïdes en 50 ans, et sur la même période, doublement du nombre de cancers des testicules. Aujourd'hui, 6% des hommes ont des problèmes de stérilité.
Ces produits sur la sellette sont appelés perturbateurs endocriniens, ils influent sur les hormones. On les appelle aussi repro-toxiques. Exemples : les PCB, les phtalates, le bisphenol A, certains pesticides, les métaux lourds et certaines hormones de synthèse qu'on trouve dans les médicaments et dans la pilule. On en trouve dans toutes sortes de produits et aussi dans l'air, dans l'eau, dans les aliments. Rappelez-vous les biberons ou les jouets aux phtalates.
Des chercheurs du monde entier se réunissent dans quelques jours à Paris pour faire le point sur les connaissances sur les repro-toxiques. Au même moment, un documentaire choc est programmé sur Arte intitulé "Mâles en péril". On va peut-être réussir à dépasser la phase lanceur d'alerte. C'est pas très simple. NKN avait déjà organisé un colloque à l'Assemblée nationale il y a quelques années. Mais on avait bien ricané dans les travées... très masculines et à la fin, un médecin s'était battu avec un représentant des industries chimiques.
Va-t-on pouvoir se protéger ?
On commence. Vers l'an 2000, on a listé 320 repro-toxiques suspects et 125 certains. On rejette un peu moins. La recherche poussée par le gouvernement avance. Le plan éco-phyto prévoit qu'on va retirer avant la fin de l'année les 30 pesticides les plus dangereux. Il y a le programme Reach, tous les industriels européens doivent faire enregistrer toutes leurs molécules chimiques et prouver leur inocuité. La France est très en retard. Et puis on espère des annonces du ministère de la Santé.