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Un étudiant de 26 ans a été mortellement poignardé, mercredi dernier, dans le centre de Grenoble par un homme échappé d'un hôpital psychiatrique © FREDERIQUE VERHAEGHE / MAXPPP
Le déséquilibré qui aurait mortellement poignardé Luc Meunier, le 12 novembre à Grenoble, a été mis en examen et placé en détention provisoire jeudi matin. Il a été reconduit à l'hôpital psychiatrique de Saint-Égrève en Isère, d'où il a fugué avant de poignarder l'étudiant grenoblois. Désormais toute sortie lui est évidemment proscrite. Au cours de son audition, diligentée à la suite d' une première expertise qui a jugé son "état mental compatible" avec une présentation devant les juges, Jean-Pierre Guillaud, schizophrène de 56 ans, a "reconnu les faits". Dans le passé, Guillaud, hospitalisé en psychiatrie depuis les années 1980, a déjà bénéficié de deux non-lieux pour deux agressions similaires à l'arme blanche en 1995 et en 2006, pour lesquelles il a été déclaré pénalement irresponsable.
Devant les juges qui l'ont mis en examen, le déséquilibré s'est déclaré "soulagé" car cela fait 20 ans qu'il "essaie de tuer quelqu'un, qu'il n'y arrive pas", a rapporté son avocate, Me Danièle Toubiana. "C'est la cinquième fois qu'il essaie de tuer quelqu'un", a-t-elle assuré, ajoutant que son client s'était dit "satisfait d'avoir répondu à la voix qu'il aime" et qu'il appelle "Satan". Toujours selon son avocate, Jean-Pierre Guillaud a également affirmé avoir acheté un couteau une semaine avant le meurtre de Luc Meunier et tenté d'agresser une personne, qui s'est défendue. Des faits que les enquêteurs tentent de vérifier.
"Il aurait fallu lui faire connaître la prison" (Avocat)
"On l'a un peu trop mis en psychiatrie, il aurait fallu peut-être le juger, le déclarer responsable, lui faire connaître la prison pour qu'il ait peur de recommencer", a dit Me Toubiana. Une nouvelle expertise, dont les résultats ne seront pas connus avant plusieurs semaines, doit encore se prononcer sur la responsabilité pénale de ce déséquilibré, en vue de déterminer s'il peut ou non être jugé devant une cour d'assises.
En attendant, la famille du jeune étudiant de 26 ans demande "des réponses" sur les circonstances du drame et l'entourage psychiatrique de son meurtrier présumé, un schizophrène. "La famille [les parents, le frère et la soeur, NDLR] et la concubine de Luc Meunier (...) entendent se constituer partie civile afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant conduit à ce drame, tant en ce qui concerne l'auteur des faits lui-même, que les évènements qui ont rendu possible son acte", a expliqué leur avocat grenoblois, Me Hervé Gerbi. "Ils souhaitent que des réponses soient apportées sur le suivi médical, la prise en charge et la surveillance de l'auteur (présumé) des faits."
Le drame est pris très sérieux au plus haut sommet de l'État. Le président de la République Nicolas Sarkozy a demandé une réforme de l'hospitalisation psychiatrique et ordonné une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS). Le premier rapport rendu par l'institution a abouti à la suspension du directeur de l'hôpital de Saint-Égrève. Cette sanction a provoqué de vives protestations des syndicats, qui ont dénoncé la volonté de faire de ce responsable "un bouc émissaire".
Le Point