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Paris espère un nouveau vote irlandais sur Lisbonne en 2009


PARIS - La présidence française de l'Union européenne se montre de plus en plus confiante dans la possibilité de faire revoter les Irlandais sur le traité de Lisbonne et de surmonter en 2009 le blocage institutionnel.

La ratification du traité qui doit permettre à l'Europe des Trente de fonctionner de manière plus harmonieuse est désormais quasiment achevée dans 25 pays et la Cour constitutionnelle tchèque, qui doit se prononcer mardi, pourrait donner son feu vert, ce qui isolerait le "non" irlandais de juin dernier.

"Sans doute des choses se débloquent de ce côté-là", a déclaré lundi Nicolas Sarkozy à l'issue d'un conseil des ministres franco-allemand à Paris en saluant "l'excellente déclaration du Premier ministre tchèque" Mirek Topolanek.

Ce dernier a estimé dans un article publié cette semaine qu'il valait "bien mieux (...) embrasser la chancelière allemande que de donner l'accolade à l'ours russe."

Le président français et Angela Merkel ont fait preuve de volontarisme lors de leur réunion de lundi.

"L'Allemagne et la France sont sur la même ligne, nous souhaitons le traité de Lisbonne. Nous ferons tous les efforts pour obtenir le traité de Lisbonne, nous nous sommes d'ailleurs mis d'accord sur un langage commun à l'endroit de nos amis irlandais", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

La présidence française doit en effet présenter au Conseil européen des 11 et 12 décembre une "feuille de route" pour sortir de la paralysie institutionnelle.

Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on se montre optimiste sur un changement d'attitude du côté irlandais.

"Il y a des raisons d'espérer", a-t-on déclaré à l'Elysée, où l'on dit travailler "main dans la main" avec le Premier ministre irlandais Brian Cowen pour le Conseil européen.

UNE DÉCLARATION RASSURANTE

"L'idée est d'avoir un itinéraire qui baliserait la route de l'Irlande vers l'Europe", a-t-on ajouté de même source.

"Elle prendrait la forme d'une déclaration (...) qui égrènerait les garanties qu'on pourrait donner au peuple irlandais pour le rassurer que le traité de Lisbonne n'a rien à voir avec la législation sur l'avortement, ne met pas en cause la neutralité de l'Irlande et n'impose rien sur la fiscalité."

Il s'agit là des raisons qui ont incité les Irlandais à se prononcer contre le traité de Lisbonne, même si ce dernier ne comprend aucun de ces éléments.

Il semble toutefois exclu de parvenir à une solution avant les élections européennes de juin prochain, qui se dérouleront donc selon les règles du traité de Nice.

"On va vers un nouveau vote, probablement pas avant les prochaines européennes, ce qui veut dire que le prochain Parlement sera élu selon les modalités de Nice", explique-t-on à l'Elysée. "On travaille avec les Irlandais sur une échéance qui serait fixée avant la fin de l'année 2009."

Ce calendrier comporte une menace implicite pour les Irlandais, puisque le traité de Nice prévoit la réduction du nombre de commissaires à un nombre inférieur à celui des Etats membres: Dublin pourrait donc perdre "son commissaire".

A l'inverse, si l'Irlande ratifie le traité de Lisbonne, la réduction de la taille de la Commission est prévue pour 2014.

Les responsables français ne cachent pas que leur espoir que la crise économique et financière que vit l'Irlande accroisse la popularité de l'Union européenne et de l'euro, comme le démontrent les tout derniers sondages irlandais.

"Un élément d'espoir est que, tout d'un coup, l'Europe devient plus populaire, notamment dans les pays de l'euro, car ceux qui sont aux marches de l'euro - Islande, Hongrie et même Danemark - voient leur monnaie souffrir et doivent relever leurs taux d'intérêt", explique-t-on à l'Elysée.

"Les Irlandais semblent réaliser que la crise serait plus dure encore pour eux s'ils n'étaient pas dans l'euro."


L'Express

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