Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag
L'ex-ministre de la Santé Claude Evin (PS) est renvoyé en correctionnelle, accusé d'avoir indirectement exercé des pressions sur la famille d'une victime de l'affaire du sang contaminé pour qu'elle retire sa plainte devant la CJR, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.
M. Evin, ministre de la Santé de 1988 à 1991, est poursuivi pour "complicité de menaces ou d'actes d'intimidation sur une victime en vue de rétractation de sa plainte" par la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, spécialiste des questions de santé publique, qui avait instruit l'affaire du sang contaminé.
Il sera jugé auprès de l'ex-président de l'Association d'aide aux victimes d'accidents médicaux (Aviam) Jacques Catz, renvoyé pour "menaces ou d'actes d'intimidation sur une victime en vue de rétractation de sa plainte".
L'homme est accusé d'avoir, à la demande de l'ancien ministre, usé de son influence auprès des plaignants, et notamment de Madeleine Aloncle, alors présidente régionale de l'Aviam des Pays de la Loire, pour qu'ils s'exécutent.
L'ancien ministre a toujours contesté ces accusations expliquant qu'il "savait qu'un retrait de plainte n'aurait pas interrompu la procédure" devant la Cour de justice de la République (CJR). Il a expliqué que son seul souhait avait été de pouvoir s'expliquer avec les parties civiles qui, selon lui, aurait été mal informées des décisions qu'il avait prises concernant les personnes contaminées par transfusion sanguine".
Pour la juge, M. Catz n'a pu agir de son propre chef sans une demande précise de M. Evin.
M. Evin avait été mis en examen en juin 1999 pour "homicide involontaire" à la suite d'une plainte déposée devant la CJR par les époux Aloncle, dont la fille Catherine est morte en 1991 d'une pneumocystose, complication du sida survenue à la suite d'une transfusion faite en 1984.
Les plaignants reprochaient à M. Evin de ne pas avoir organisé, entre 1989 et 1991, le rappel des personnes transfusées avant le 1er août 1985, date d'entrée en vigueur du dépistage systématique du sida dans les dons du sang.
Après quatre ans d'examen, la commission d'instruction de la CJR a finalement rendu un non-lieu le 6 novembre 2003, considérant qu'il n'y avait pas lieu à poursuivre l'ancien ministre.
Mais, selon la juge, M. Evin aurait entre-temps incité M. Catz a commettre des actes d'intimidation sur les plaignants consistant notamment à inspirer à Mme Aloncle la crainte d'être responsable de l'échec de la promulgation d'une future loi sur l'indemnisation des victimes d'aléas thérapeutiques si elle et son mari ne retiraient pas leur plainte.
Selon M. Catz, M. Evin aurait pu faire adopter cette loi s'il redevenait ministre ou secrétaire d'Etat à la Santé dans le gouvernent Jospin ce qui n'était pas envisageable avec un risque de condamnation par la CJR.
AFP