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Le SNJ s'insurge contre le fait qu'un journaliste soit "traité comme un criminel", à la suite de l'interpellation musclée vendredi du journaliste et ex-directeur de la publication de Libération Vittorio de Filippis, pour une simple affaire de diffamation.
"Dans une société qui veut mettre en prison les enfants de 12 ans et où le chef de l'État porte plainte contre n'importe quel citoyen qui ose le brocarder, interpeller à son domicile un journaliste, l'insulter devant ses enfants, le faire déshabiller et le menotter pour un simple soupçon de diffamation semble une procédure +normale+", déclare le Syndicat national des Journalistes (SNJ).
Le SNJ "ne peut accepter que de telles pratiques se banalisent" et "dénonce fermement la démesure avec laquelle sont désormais instruits certains délits de presse". Il y voit "une manoeuvre de plus visant à intimider un secteur professionnel, déjà victime d'un climat de dénigrement quasi-systématique de la part de certains milieux politiques et économiques" (communiqué).
- Le Syndicat de la Presse quotidienne nationale "dénonce fermement les méthodes employées par la police judiciaire et la magistrature" dans cette affaire.
Il note que "c'est la première fois qu'un directeur de publication fait l'objet d'une interpellation et d'un mandat d'amener (suivi de mesures d'intimidation, fouilles corporelles, menottes) pour un délit de presse de cette nature", et demande à la ministre de la Justice Rachida Dati de "mettre fin à de telles dérives d'intimidation, incompatibles avec la liberté d'expression" (communiqué).
- Patrick Le Hyaric, directeur du quotidien l'Humanité, "proteste énergiquement" contre cette interpellation "brutale et humiliante", qui selon lui "rappelle des temps exécrables que nous ne souhaitons pas voir revenir".
"Où va la liberté de la presse au moment où nous travaillons à tenter de sauver la presse écrite dans le cadre des Etats généraux?", demande encore Patrick Le Hyaric, pour qui "un mauvais parfum anti-démocratique commence à flotter sur le pays de Voltaire". "On ne peut laisser faire", conclut-il (communiqué).
- Le site d'information "Rue89" incrimine des "méthodes proprement inadmissibles" et estime "indispensable qu'une enquête soit ouverte sur cette affaire et que des sanctions soient prises contre les responsables de cette interpellation".
"C'est la première fois, semble-t-il, qu'un directeur de la publication fait ainsi l'objet d'un mandat d'amener pour un délit de presse", souligne Rue89. "Mais ce n'est pas la première fois que la liberté de la presse est bousculée depuis deux ans", note le site, en citant les perquisitions intervenues au Canard enchaîné, la garde à vue du journaliste Guillaume Dasquié, des "mises en examens à répétition".
"La liberté de la presse régresse en France: tous les démocrates devraient s'en alarmer", conclut Rue89.
AFP