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"C'est très difficile pour moi d'en parler. J'ai fait des trucs odieux et horribles avec lesquels moi-même j'ai du mal (...) Ce que j'ai fait, c'est impardonnable", a expliqué Sami Khodja, qui encourt 20 ans de réclusion criminelle pour "viols sur personnes vulnérables", la plupart du temps des actes de pénétration sexuelle avec la main.
A part cet aveu, l'accusé est resté très vague sur les trois séries de faits qui lui sont reprochées, courant janvier et le 11 novembre 2004 à l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt, ainsi que le 22 août 2004 à la maison de retraite Sainte-Agnès, toujours à Boulogne.
Cheveux mi-longs, mains constamment derrière le dos lorsqu'il s'exprime, l'homme reconnaît être entré dans la maison de retraite, au matin de ce dimanche d'août, après une nuit d'errance où il a consommé un cocktail de whisky, de bière, de fortes doses de cocaïne et des cachets d'ecstasys.
"Je suis rentré dans une chambre où j'ai fait du mal à une dame" de 83 ans, révèle-t-il, avant de lâcher : "J'ai dû la toucher".
Selon les témoignages recueillis par les enquêteurs, ce jour-là, l'accusé a visité au moins deux autres chambres de l'établissement : l'une où il a volé 30 euros à une résidente, l'autre où il s'est rapidement fait éconduire par une dame de 96 ans, auprès de qui il voulait se faire passer pour un masseur.
S'il livre des aveux tout aussi flous en multipliant les "c'est possible" et les "je ne me souviens pas" pour les faits du 11 novembre à l'hôpital Ambroise-Paré, où la victime avait 96 ans, Sami Khodja juge impossible d'être entré dans l'établissement en janvier, car à l'heure indiquée il se trouvait encore au travail, pour une société de déménagement de Sèvres.
Sur cet épisode, les faits ont été difficiles à retracer, car le personnel de l'hôpital n'avait à l'époque pas alerté la police.
Ouverte en août 2004, après l'épisode de la maison de retraite, l'information judiciaire avait débouché dans un premier temps sur un non-lieu, malgré la découverte de traces ADN sur les lieux des faits.
Finalement, en novembre 2006, le suspect, placé en détention dans une affaire de stupéfiants, avait pu être confondu grâce à ces mêmes empreintes génétiques.
Incarcéré à la maison d'arrêt de Nanterre, le détenu a montré des signes positifs de réinsertion, notamment en travaillant comme cuisinier, mais il a aussi fait l'objet de plusieurs mesures disciplinaires.
Le verdict est attendu vendredi.
AFP