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La décision de laisser sortir un patient, "ce doit être l'Etat ou, dans certains cas la justice, pas l'expert", a déclaré Nicolas Sarkozy. Le président de la République a annoncé mardi midi une série de mesures réformant l'hospitalisation psychiatrique à l'occasion d'une visite dans une unité de soins spécialisée à Antony dans les Hauts-de-Seine. Le président de la République a annoncé, sans préciser de date, le dépôt d'un projet de loi réformant l'hospitalisation psychiatrique d'office en réservant aux préfets ou à la justice les autorisations de sortie. "Il y a un Etat, une justice qui doivent trouver l'équilibre entre des intérêts et des points de vue contradictoires", a poursuivi Nicolas Sarkozy. "C'est de la rencontre de ces points de vue - celui qui a la charge du patient et celui qui a la charge de l'ordre public - que l'on peut trouver le bon équilibre".
Le chef de l'Etat n'a pas reparlé de son très controversé projet de fichier des hospitalisations d'office, qu'il avait été contraint de retirer du projet de loi de prévention de la délinquance votée en 2007 lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. Tout au plus a-t-il indiqué que l'Etat s'assurerait que les dossiers administratifs des hospitalisés d'office seront "partagés dans tous les départements avec un secret médical respecté de la façon la plus stricte". "Nous allons d'abord instaurer une obligation de soins en milieu psychiatrique (...) elle doit être effective, même en cas d'absence de la famille", a encore déclaré Nicolas Sarkozy.
Trois semaines après la mort d'un étudiant, poignardé dans une rue de Grenoble par un schizophrène échappé d'un hôpital psychiatrique, le président de la République a aussi annoncé un plan de sécurisation des établissements psychiatriques d'un montant de 30 millions d'euros. S'y ajoute, a poursuivi Nicolas Sarkozy la création de quatre unités pour malades difficiles (UMD), pour un coût total de 40 millions d'euros. Une UMD, réservé aux malades mentaux dangereux, avait ouvert en janvier à Plouguernével (Côtes-d'Armor), une première depuis 1963 qui avait porté à cinq le nombre de structures de ce type en France.
Europe 1