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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Le Premier ministre Poutine sait rester à sa place

Le 3 décembre, l'ancien président a répondu pendant plus de trois heures aux questions de ses concitoyens, pour la première fois en tant que chef de gouvernement. La Nezavissimaïa Gazeta estime qu'il s'est appliqué à éviter les plates-bandes présidentielles.

La une deNezavissimaïa Gazeta
Dans l'ensemble, les réponses de Vladimir Poutine aux questions des citoyens ont été délibérément non politiques. [Il s'est conduit le 3 décembre] comme il l'avait fait lors du congrès du parti [Russie Unie, parti du pouvoir dont il est le leader] : il s'était concentré sur la crise mondiale et avait montré qu'il comprenait très bien les problèmes qui se posaient au pays – concernant le monde des affaires, les petites et moyennes entreprises, le système bancaire, les taxes à l'exportation pour l'énergie, les retraites, la hausse potentielle du chômage en province, la chute de la valeur du rouble. Lors des réponses aux questions de ses concitoyens, il a persisté dans sa façon de se poser en Premier ministre gestionnaire. Un signe manifeste de sa volonté de se concentrer sur les questions qui relèvent de ce poste [alors que courent des rumeurs sur son retour anticipé à la présidence].

Il n'a toutefois pas cherché à éviter les questions politiques qui ont surgi au cours des échanges, mais il est resté laconique. Même lorsqu'il s'est agi de son travail de chef de Russie unie. Parlant du parti du pouvoir, il a d'abord souligné sa dimension fonctionnelle : par ces temps de crise, le fait que Russie unie détienne la majorité au Parlement permet à son gouvernement de "réagir avec promptitude à toutes sortes de situations". Notons toutefois que la rapidité avec laquelle la Douma adopte des décisions n'est pas positive en soi. Cela ne garantit pas la qualité de ce qui est voté. Il semble que le but de la réforme du système politique soit justement de parvenir à allier vitesse et qualité des décisions prises. Le Premier ministre, qui en est manifestement conscient, a rappelé l'importance du multipartisme, "composante essentielle des institutions démocratiques de la Russie actuelle".

C'est à propos de la politique étrangère russe qu'il s'est montré le plus bref et le plus réservé. On voyait qu'il voulait éviter de trop s'étendre sur le sujet. A cet égard, son dialogue avec la population a été celui d'un authentique Premier ministre. Après huit ans de discussions présidentielles, nous avons pu cerner le domaine de compétences du chef du gouvernement. Il se rend parfaitement compte du chemin qu'il aura à parcourir, en tant que Premier ministre, aux côtés de ses concitoyens.

Autre dimension importante : quoiqu'on en dise, ce dialogue avec la population a été l'occasion de mesurer la position souveraine de Dmitri Medvedev. Jamais Poutine n'est venu empiéter sur ce qui relève des prérogatives du président. Choisissant soigneusement ses termes, le Premier ministre n'a pas eu une seule phrase qui franchissait la limite. Et quand il a dû "marcher sur les plates-bandes" du chef de l'Etat, Poutine a ostensiblement veillé à ne rien dire de compromettant.

Il s'est contenté de confirmer que Moscou "comptait beaucoup" sur des changements positifs dans les relations avec les Etats-Unis, et que "des signaux dans ce sens avaient été émis" par Washington. Le Premier ministre a consenti à les énumérer : les Etats-Unis "ne se hâtent pas de faire entrer dans l'OTAN" l'Ukraine et la Géorgie, ni d'installer un radar en Pologne [dans le cadre du bouclier antimissile]. Il a ensuite prononcé une phrase éprouvée et mesurée : "S'il s'agit d'une politique pratique, notre réaction sera adaptée et nos partenaires la sentiront tout de suite." Vladimir Poutine a aussitôt précisé que ce ne serait pas lui qui répondrait. Il a donc fait preuve d'une délicatesse extrême envers le domaine réservé du président.

Son intervention avait un objectif supérieur très concret, celui de tranquilliser les citoyens qui lui font confiance et comptent sur son expérience. Il avait besoin que les gens comprennent qu'il ne les abandonnerait pas en pleine crise. C'est bien pour cela que ce rendez-vous de trois heures avec le pays a été axé (pour la première fois) non sur de jolies histoires de Noël avec remise de cadeaux et dégustation de thé, mais sur un échange concret et ardu sur les retraites de misère, les licenciements, la peur de l'avenir et les espoirs. La partie émotion avait été reléguée au second plan, comme il est de rigueur dans les conversations sérieuses. De toute façon, personne n'avait vraiment le cœur à la fête.

Courrier International
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