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Une famille musulmane sur quatre, les 8, 9 et 10 décembre, va commémorer l'Aïd el-Kebir. La "fête du sacrifice", la plus importante de l'islam, et non "la fête du mouton" comme elle se trouve, très souvent, rebaptisée.
Les barrières culturelles, c'est un fait, ont du mal à se lever et l'Aïd el-Kebir semble chaque année cristalliser cette méconnaissance. L'an dernier, les communautés musulmanes du pays viennois en avaient fait l'amère expérience, l'État n'ayant pu donner le feu vert à l'ouverture d'un centre d'abattage des agneaux provisoire à Savas-Mépin, alors que les sites d'abattage classiques dans la région sont saturés.
Les 4 000 musulmans recensés dans le pays viennois pourront enfin, cette année, bénéficier de cette alternative. Jérôme Jourdan, qui a investi lourdement pour bâtir son site d'abattage et le porter aux normes requises, a désormais l'agrément des services vétérinaires du département pour procéder, en respect avec la tradition mais aussi aux réglementations d'abattage, au rituel.
Il sera entouré de proches pour aider au tri, d'une
dizaine d'opérateurs recrutés dans des abattoirs des alentours (notamment celui de La Côte-Saint-André, fermé l'été dernier) et de sacrificateurs musulmans agréés par la mosquée de Lyon. Si les capacités d'abattage du site sont de 60 moutons à l'heure, Jérôme Jourdan, en période de rodage, vise déjà 40.
« On est vraiment satisfaits, car cela contribue à combattre l'abattage illicite », relevait Toufik Chergui, secrétaire général du Conseil régional du culte musulman lors de la visite du site, en compagnie du sous-préfet de Vienne, Philippe Navarre. « Ce genre de démarche va se répéter en Rhône-Alpes », précisait-il.
Azziz Diaf, imam de la mosquée Hamza de Vienne, en profitait pour marteler un message : « Grâce à la mise en place de cet abattoir, on peut arriver à organiser comme il faut notre fête, dans de bonnes conditions, à l'inverse de ce qui se faisait avant de manière anarchique et sans aucun respect de l'hygiène. Je fais donc appel au bon sens de tous les musulmans, pour le respect de ces règles ».
Le site de Savas-Mépin, où Jérôme Jourdan propose un forfait vente de mouton et abattage, va tourner à plein régime le premier jour de l'Aïd, voire le second. C'est en effet au début de la fête que l'affluence est la plus conséquente.
Ce sera aussi le cas sur les autres sites d'abattage du Nord-Isère et de la région (voir repères), où la taxe d'abattage, selon les représentants du CRCM, continue d'être trop élevée : « Cela ne mène pas les familles jusqu'à l'abattoir », note Toufik Chergui. Une nouvelle piste à creuser pour lutter contre l'abattage sauvage : en Rhône-Alpes, on ne peut répondre au besoin d'abattage, estimé à 30 000 bêtes, qu'à hauteur de 11 000.