Compost, engrais verts, paillage… Autant de produits et de soins apportés au sol qui permettent d’éviter les apports en engrais chimiques et de limiter les arrosages. Une démarche bénéfique à long terme.
À tort, la terre est considérée comme un support inerte à supplémenter avec les engrais chimiques, directement assimilables par les plantes. Mais, à long terme, ces produits ne suffisent pas, le sol s’épuise, se carence en nutriments et n’est plus fertile. Il faut absolument entretenir cette terre, milieu vivant, structuré, contenant micro-organismes et matières minérales et organiques, afin de fournir aux plantes les éléments nécessaires à leur épanouissement.
Nourrir la terre
Le compost est le fertilisant le plus complet. Il contient les éléments organiques de base dont la terre a besoin pour se régénérer et il améliore sa structure. Les engrais verts participent aussi à la reconstitution du stock d’éléments nutritifs – azote surtout –, servent à aérer la terre grâce à leurs racines et empêchent des herbes indésirables de pousser durant l’hiver. Ces moutardes, luzernes, seigles ou phalécies sont plantés à l’automne, puis sont arrachés et enfouis sous terre avant les premières plantations.
Pour répondre à des carences plus précises, on peut utiliser, en plus du compost, des engrais dits naturels issus du recyclage de déchets organiques. Comme le purin d’ortie ou le sang desséché, riches en azote, la cendre de bois pour un manque de potasse, des algues riches en oligoéléments… Vous trouverez ces produits en jardinerie.
Les vertus du paillage
Choyer sa terre, c’est aussi l’ameublir pour la protéger du soleil et des intempéries, prévenir la sécheresse en limitant l’évaporation et empêcher la pousse des herbes indésirables.
Pour cela, rien de plus efficace que le paillage ! Fèves de cacao, bâches de plastique (qui ne se dégradent pas), copeaux de bois, paillettes de lin, résidus de la tonte du gazon, paille,
feuilles mortes… De nombreuses matières que vous trouverez en jardinerie ou à recycler vous-même peuvent recouvrir votre sol, qui ne doit pas rester nu entre vos plantations. Quelque 5 à 10 cm d’épaisseur suffisent à garder votre terre en bon état.
Attention à ne pas pailler avec n’importe quoi, l’effet peut être catastrophique ! Par exemple, l’écorce de pin est à bannir. Elle dégage des terpènes, molécules extrêmement nocives pour les plantes. Les autres matières utilisées sont souvent des végétaux n’ayant pas commencé leur décomposition. Lors de ce processus, des éléments comme l’azote sont puisés dans le sol. Ainsi, les plantations en manquent. Le mieux est de surveiller le paillage et de le changer dès que débute sa décomposition ou de le laisser se dégrader un peu sur un tas à part avant de l’étaler.
Plus d’info
Compost et Paillage au jardin. Recycler, fertiliser
Un ouvrage de Denis Pépin, éd. Terre vivante, 18 euros.
Le purin d’ortie
Plonger 1 kg d’ortie dans 10 l d’eau. Laisser fermenter environ 2 semaines. Filtrer et pulvériser, ou arroser après dilution au 1/10. Ce purin s’utilise comme fertilisant du sol ou comme insecticide végétal sur les plantes qui sont attaquées par des pucerons. Une recette facile, mais efficace !
60 millions de consommateurs /Fanny Blondin/ HSD Consommer Vert n°128 – oct.-nov. 2006